Vanessa Paradis : "devant la caméra, Woody Allen est un très bon élève"

Vanessa Paradis : "devant la caméra, Woody Allen est un très bon élève"

CINÉMA
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INTERVIEW – Dans "Apprenti Gigolo", en salles ce mercredi, Vanessa Paradis incarne une jeune juive d’une communauté radicale qui tente de s’émanciper. La comédienne et chanteuse y donne la réplique en anglais à deux hommes qu’elle admire : John Turturro et Woody Allen.

Vous êtes très rare au cinéma. Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ?
Tout. Avant qu’il ne me propose quoi que ce soit, j’étais fan des films de John Turturro en tant que réalisateur. J’aime beaucoup son cinéma. Il m’a proposé un rôle exceptionnel, celui d’une juive hassidique vivant dans un monde totalement cloisonné. Un univers dépourvu de liberté et de joie.

Pour composer ce personnage, vous avez rencontré une jeune femme qui a été confrontée aux diktats religieux. Qu’avez-vous appris ?
Oui, c’est exact. C’était une juive hassidique et elle m’a tout appris car je n’y connaissais rien. Elle m’a parlé de son parcours, de son éducation, de sa religion et de ses différentes communautés. La sienne est l’une des plus extrêmes et radicales. De surcroit, selon le rabbin auquel vous référez, il y a d’autres règles plus ou moins strictes à suivre. Elle a fini par fuir son entourage à l’âge de 22 ans en repartant à zéro. Un peu comme mon personnage qui, en revanche, trouve le chemin de l’émancipation grâce à quelqu’un d’autre.

Woody Allen campe justement l’homme qui vous conduit chez un gigolo. Quel partenaire est-il ?
C’était incroyable. Quelle chance de partager l’affiche avec ce metteur en scène unique en son genre. J’adore ses films, notamment Annie Hall et Manhattan. Ses personnages sont passionnants. Sur le ton le plus banal, ils sont capables de balancer des choses intenses. Devant la caméra, il s’est montré très bon élève. Il a été très facile à diriger. Il improvise avec beaucoup d’humour si bien qu’il ne faut surtout pas éclater de rire. J’interprète tout de même une femme sérieuse et réservée.

"John Turturro a l'art de vous conduire là où vous ne pensiez pas aller"

Quel regard portez-vous sur les femmes qui font appel à des gigolos ?
Je trouve que tout ce qui permet de se faire du bien sans faire de mal aux autres est bon. Tant qu’il n’y pas de personne maltraitée, ça va.

C’est la première fois que vous tournez en anglais. Comment l'expliquez-vous ?
J’attendais la proposition idéale. Et je suis heureuse car c’était le cas. Même si j’avais une certaine pression au regard de ce défi, j’étais grisée à l’idée d’être loin de chez moi. Loin d’une zone de confort. John Turturro est un brillant directeur d’acteurs qui vous conduit là où vous ne pensiez pas aller.

L’action se déroule à New York. Une ville que vous connaissez bien, non ?
Oui très bien pour y avoir vécu il y a 20 ans alors que je connaissais la notoriété en France depuis quelques années. J’ai découvert le plaisir de me fondre dans la foule de manière anonyme. C’est une ville trépidante, vibrante. Le symbole de la liberté.

 

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