Victoria Bedos : "Mon père a failli tomber dans les pommes lorsqu'il a appris que je n'étais plus vierge"

CINÉMA
PREMIERE FOIS – La fille de Guy Bedos et sœur de Nicolas tient son premier rôle au cinéma dans "Vicky", comédie d’émancipation qu’elle a coscénarisée avec le réalisateur Denis Imbert. Elle y campe la petite dernière d’un clan d’artistes qui, en devenant chanteuse, trouve sa voie et prend enfin son envol. 100% autobiographique ? Metronews lui a posé la question.

Vous aviez écrit La Famille Bélier. Ce nouveau film est beaucoup plus intime ?
La Famille Bélier l’était aussi mais c’était dissimulé derrière la métaphore des sourds. Mais il s’agissait de mes sensations d’adolescente, quand j’avais l’impression de ne pas être entendue dans cette famille d’artistes qui ne comprenait pas que je veuille vivre à la campagne et faire du cheval. J’ai juste inversé les rapports entre Paula et ses parents, des paysans loin des désirs de scène de leur fille.

Et à quel point Vicky est-il autobiographique ?
Enormément sur le personnage de Victoire qui devient Vicky. J’ai longtemps été effacée et sage : j’étais première de classe, je ne faisais pas la fête,  j’ai fait l’amour à 22 ans pour la première fois... Et, à l’âge de 25 ans, je me suis mise à chanter en duo avec Banjo pour m’affirmer en tant que femme. J’ai eu besoin de l’avatar de Vicky, de cette superpute qui ose tout dire, pour passer le cap de l’enfance.

Les personnages alentours sont eux aussi inspirés de la réalité ?
On a forcé l’ego du papa acteur pour accentuer la comédie mais il y a clairement des choses de mon père dans le personnage. Notamment dans son côté méditerranéen et surprotecteur. Il ne voulait pas que je grandisse : il est vrai par exemple qu’il a failli tomber dans les pommes le jour où il a appris que je n’étais plus vierge. J’ai juste un peu poussé les curseurs.

Et le frère ?
Il correspond à l’image que Nicolas s’est créé médiatiquement : un personnage de comédie superficiel, narcissique, branleur... Dans l’intimité, il n’est pas comme ça. Il fallait juste deux oppositions fortes à Vicky pour que ce soit drôle. Mais je vous rassure : ce n’est pas un documentaire sur ma famille, c’est une comédie.

Vous leur avez quand même fait lire le scénario ?
Oui mais, de toute façon, chez nous, écrire sur la famille est une marque de fabrique. Mon père le faisait dans ses sketches et mon frère ne se gênait pas dans "La semaine mythomane". La seule surprise finalement, c’est que ça vienne de moi qui jusque-là étais en retrait. Nicolas au début s’est d’ailleurs un peu comporté comme si je marchais sur ses plates-bandes mais c’est un truc normal de grand frère à petite sœur. Au final, ils sont très fiers que je m’inscrive dans la "tradition familiale".

Ce film, c’est aussi un moyen de donner un coup de pouce au duo Vicky Banjo ?
Absolument. Vicky Banjo ne décollait pas : on était trop théâtre pour la musique et trop musique pour le théâtre. Le cinéma qui allie l’image et le son nous a donné une cohérence : nos chansons ont trouvé leur place dans le film et l’album sort enfin après huit ans d’existence.

Etre une Bedos vous aura aidé au final ?
Quand j’écrivais des films ou des chansons, mon nom, tout le monde s’en foutait. Aujourd’hui, comme je joue un premier rôle, il rassure : les gens croient en une forme d’atavisme et se disent qu’en promo, ça attirera peut-être. Mais tant mieux : je profiterai de cette tribune pour parler des scénaristes qui sont injustement négligés en France. Ils sont mal payés, relégués aux derniers rangs aux César, jamais valorisés... Pourtant, sans eux, pas de films !

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