VIDÉO - Abd Al Malik au Festival de Deauville : "L'acte d'adhésion et d'appartenance à un pays passe par la culture"

DirectLCI
INTERVIEW - Membre du jury de la Révélation Kiehl's au 43e Festival de Deauville, le rappeur et réalisateur Abd Al Malik revient pour nous sur son amour du cinéma américain.

Le rappeur-réalisateur Abd Al Malik aime le cinéma américain, sous toutes ses formes. En interview, il affirme une prédilection pour les cinémas de Spike Lee et de Martin Scorsese, assimilant le Nouvel Hollywood des années 70 (l'une de ses périodes préférées) au jeune cinéma français actuel, en pleine effervescence. 

LCI : Un film américain que personne ou presque ne connait et que vous aimeriez faire découvrir ?

Abd Al Malik : "Italianamerica", le film documentaire réalisé par Martin Scorsese. C'est absolument super. On y voit Martin Scorsese filmer ses parents. A travers ces derniers, il parle d'immigration, de l'endroit que tu quittes, de l'endroit où tu es et dans lequel tu évolues, de comment la communauté italo-américaine fait partie intégrante des Etats-Unis. Pour moi, ce documentaire parle aussi de la France, de nous autres, Français d'ailleurs, originaires de tel ou tel pays. Souvent, on parle d'"intégration" et c'est un mot qui sonne mal chez moi. L'acte d'adhésion et d'appartenance à un pays passe par la culture. Et puis, on y voit aussi Scorsese apprendre à faire des boulettes de viande !

LCI : Quels films vous ont fait aimer le cinéma américain ?

Abd Al Malik : J'aime le Nouvel Hollywood. Scorsese, Coppola... C'est un cinéma très important pour moi. Si je devais dire une révélation esthétique, cela serait "Citizen Kane" de Orson Welles ou le cinéma de Terrence Malick. Toute cette période-là, incroyablement jeune et créative. Le cinéma américain qui m'a fait rêver était celui en écho avec la culture hip hop. Le cinéma de Spike Lee, "Boyz In The Hood", "Menace II Society"... Cela m'a passionné dans le sens où, soudain, je découvrais qu'il était possible de raconter notre petite histoire et de la balancer au monde. Un cinéma-vérité d'une certaine manière.

LCI : Qu'est-ce que vous préférez dans le cinéma américain ?

Abd Al Malik : Ce qui est fort dans le cinéma américain, c'est sa capacité à parler des choses négatives. C'est presque paradoxal par rapport à une certaine bien-pensance américaine. Ils savent aller loin pour se critiquer. Réaliser un film comme "Birth of a nation" (Nate Parker, 2016), c'est plus qu'important, c'est vital. On doit regarder notre Histoire en face. L'esclavagisme ne concerne pas que les Etats-Unis, il concerne tout le monde. Il faut savoir regarder notre passé le plus horrible. A l'heure de la mondialisation, comment vivre en paix et en harmonie ? Pour moi, l'art est un médicament efficient.

Plus d'articles

Sur le même sujet