VIDEO - Alex Beaupain au Festival de Deauville : "David Lynch réalise les plus beaux cauchemars du cinéma américain"

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ENTRETIEN - Alex Beaupain, compositeur émérite des films de Christophe Honoré, est juré au 44e Festival du cinéma américain de Deauville. Une aubaine pour le soumettre à nos questions cinéphiles : de David Lynch aux westerns, l'artiste célèbre le cinéma américain dans tous ses (beaux) états.

Alex Beaupain et le cinéma américain, longue histoire. Sa découverte du cinéma US indépendant correspond à celle de sa propre cinéphilie : "Comme je suis un enfant de 1974, j'ai découvert cette veine avec des cinéastes comme Jim Jarmusch ou Hal Hartley, tous ces auteurs qui sortaient des films à ce moment-là, dans les années 80-90. Et par la suite, j'ai découvert des cinéastes plus anciens comme Peter Bogdanovich et Jerry Schatzberg, puis tout le cinéma du Nouvel Hollywood." 


Et avec la découverte de ce cinéma indépendant, découle une conscience sociale et politique : "Quand je vois un film comme Macadam Cowboy (John Schlesinger, 1969), c'est le premier film qui me fait prendre conscience de ce que signifie "traîner dans la rue, d'être à la rue" et c'est grâce à ce genre de films que j'ai regardé les gens différemment quand je marchais dans les villes."

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David Lynch, maître du cauchemar américain

Quand on lui demande de citer un film américain célébrant le rêve, là encore, la cinéphilie pointue est de mise : "L'incarnation exacte du rêve américain, ce sont les westerns, pour des questions de panorama, de paysages qui n'existent pas ici (...) les westerns de John Ford sans doute, ceux qui se passent dans le Grand Canyon. Ou encore un western comme La prisonnière du désert (1956), des films où soudain l'on est en Cinémascope et l'on voit les grands espaces. Pour moi, c'est le reflet de quelque chose de très américain." 


Et un film américain qui fait cauchemarder les Etats-Unis ? "Il y en a un certain nombre. Les plus grands cauchemars, qui sont souvent des films magnifiques sur l'Amérique, sont ceux de David Lynch. Mulholland Drive part de l'idée qu'on est entre cauchemar et réalité (...) ça me fait cauchemarder à un tel point qu'il y a des scènes entières que je ne peux pas regarder (...) c'est un grand film, mais c'est un grand cauchemar américain pour le coup."

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