VIDÉO - Alexandre Payne, réalisateur de "Downsizing" : "Steven Soberbergh m'a fait découvrir Matt Damon"

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ENTRETIEN - Avec "Downsizing", l’un de ses films les plus ambitieux, le réalisateur américain Alexander Payne dirige Matt Damon dans un avenir pas si lointain où les scientifiques sont parvenus à réduire les êtres humains à seulement 12,5 centimètres de hauteur. Il nous raconte tout.

Avec Downsizing, en salles le 10 janvier 2018, le réalisateur américain Alexander Payne signe un film inclassable au fort goût de satire et de fin du monde. La star Matt Damon y joue un homme qui, grâce à une invention scientifique inédite et ce pour lutter contre la surpopulation, voit sa taille d’adulte lambda réduite à 12 cm. On vous laisse imaginer les conséquences d’une pareille décision et le science-fiction de se révéler le vernis de la satire. 


Rencontre avec un cinéaste volontiers sarcastique, que l'on sait doué pour donner des contre-emplois aux stars qu’ils dirigent (Jack Nicholson dans Monsieur Schmidt en 2002, George Clooney dans The Descendants en 2011…), qui révèle un Matt Damon comme on l'a peu vu et qui propose de rapetisser l’Américain moyen pour voir plus grand. 

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"Downsizing" : Matt Damon voit grand dans la première bande-annonce

LCI : L'idée de "Downsizing", c'est qu'en rapetissant, on apprend à voir plus grand"?

Alexander Payne : Oui. Avec mon coscénariste Jim Taylor, nous voulions faire une satire. Je trouvais que l'argument de la science-fiction était une bonne couverture pour observer les travers de la société américaine. Et s'il y a effectivement un changement de perspective pour le personnage principal, il n'en reste pas moins que nous n'avons pas besoin d'expérience scientifique pour réaliser à quel point nous sommes déjà petits et stupides. Nous vivons sur une planète minuscule, nous pensons que nous sommes grands alors que nous ne le sommes pas.

LCI : Votre film ressemble à un long épisode de la série "Black Mirror". Vous connaissez ?

Alexander Payne : "Downsizing" est quand même plus drôle qu'un épisode de "Black Mirror", mais c'est totalement vrai. Certains pensent que ce film-ci est plus optimiste que mes films précédents mais le constat sur le genre humain reste le même : on est foutus. Et l'amour est tout ce qui reste lorsque tout semble foutu. C'est ce que raconte "Downsizing" en substance. Très sérieusement, qu'avons-nous à part l'amour ? On va tous mourir. Que faisons-nous en attendant ? On se pourrit la vie et on pourrit la vie des autres ? Non... Sans être cucul ou trop sentimental, on doit célébrer l'amour comme une force.

LCI : Vous aimez mettre en scène des stars à contre-emploi, c'était déjà le cas avec Jack Nicholson dans "Monsieur Schmidt" ou George Clooney dans "The Descendants". Ici, c'est Matt Damon qui, loin des Jason Bourne, joue l'Américain moyen...

Alexander Payne : J'aime beaucoup sortir un acteur de sa zone de confort. Pour "Downsizing", je cherchais un acteur de la trempe de Dustin Hoffman. Soit une star Hollywoodienne capable de jouer monsieur tout le monde. Le déclic est venu avec "Ma vie avec Liberace" où je l'ai trouvé démentiel dans la peau de l'amant du personnage joué par Michael Douglas. C'est grâce à Steven Soderbergh que j'ai découvert à quel point Matt Damon était le meilleur.

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