VIDEO - Dany Boon : "Je n’ai jamais voulu faire la suite de Bienvenue chez les Ch’tis, jamais"

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ZOOM – En salles mercredi, "La Ch’tite famille" n’est pas la suite de "Bienvenue chez le Ch’tis", le plus gros succès de l’histoire du cinéma français. Mais une histoire entièrement nouvelle, comme Dany Boon l’a expliqué à LCI.

20 498 303. C’est le nombre d’entrées réalisées par "Bienvenue chez les Ch’tis", la comédie de et avec Dany Boon, sortie en février 2008. Soit le plus gros succès de l’histoire du cinéma français. Depuis, l’enfant d’Armentières s’est maintenu sans discontinuer au sommet de la comédie hexagonale. Encore plus lorsqu’il cumule la double casquette d’acteur et réalisateur. "Rien à déclarer" (2011), "Supercondriaque" (2014) et "Raid Dingue" (2017) se sont tour à tour classés à la première place du box-office. Avec plus de 4.5 millions d’entrées, le dernier en date est le plus gros succès français de l’année écoulée. Et permettra à son auteur de recevoir l’inédit "César du public" lors des la 43e cérémonie des César ce vendredi.


D’ici là, les spectateurs auront pu découvrir "La Ch’tite famille", en salles dans toute la France ce mercredi, après une sortie dans le Nord le 23 février qui lui a déjà permis de récolter plus de 130 000 entrées. Dès l’annonce du projet, en janvier 2017, Dany Boon était clair : il ne s’agit pas d’une suite de "Bienvenue…" en dépit de la présence de Guy Lecluyse et de Line Renaud, et d’une apparition éclair de Kad Merad. Lorsqu’on aborde le sujet avec lui, dans le calme d’un palace parisien, l’intéressé est catégorique : "Je n’ai jamais voulu faire la suite de Bienvenue chez les Ch’tis, jamais", tranche l'intéressé d'emblée. "On me l’a demandé. On me l’a supplié. On me l’a recommandé", ajoute-t-il sans préciser s'il parle de ses amis, de ses producteurs ou de son banquier.

Ce qui compte, ce n’est pas de savoir si les gens viennent voir une suite, mais qu’ils ressortent heureux du filmDany Boon

Question d’orgueil ? Refus de la facilité ? Un mélange des deux ? Toujours est-il que les spectateurs qui espéraient le retour du facteur Antoine Bailleul en seront pour leurs frais. "Ce qui compte, ce n’est pas de savoir si les gens viennent voir une suite, mais qu’ils ressortent heureux du film", se défend Dany Boon. "C’est une autre histoire, mais c’est mon univers, c’est mon écriture. C’est une comédie. Je ne voulais pas faire une suite, non. Les Italiens l’ont fait", observe-t-il à propos du remake "Benvenuti al Sud" qui a eu une suite, "Benvenuti al Nord". "Ils ont fait les deux versions… Pas moi !". Outre-Alantique, en revanche, la version Will Smith est restée dans les cartons.


Dans "La Ch’tite famille", l’acteur incarne Valentin D, un enfant du Nord qui a renié ses origines pour former avec son épouse Constance l’un des couples d'architectes les plus branchés  de la capitale. Jusqu’à l’arrivée inattendue de sa famille… et un accident qui va tout remettre en question. Le moteur de cette nouvelle comédie, "c’est la honte qu’on peut avoir de nos parents parfois", raconte son auteur. "Quand on est adolescent déjà, quand tout à coup on devient un être à part entière qui dit (voix grave) ‘je n’ai plus besoin de mes parents, je suis autonome... Mais il me faut quand même le frigo et le lit ! (sourire) Le point de départ, c’est ça : la relation qu’on a avec sa famille et le contraste entre ce qu’on devient et l’endroit d’où l’on vient." 

Si l’accent Ch’ti reste un ressort comique efficace – bien qu’un brin répétitif – la vraie nouveauté vient ici du personnage de Constance, bobo ultime qui va apprendre la "langue" de son compagnon par amour. Un personnage interprété par Laurence Arné avec laquelle Dany Boon avait travaillé sur "Radin", de Fred Cavayé. "Je n’ai pas pensé à elle à ce moment-là mais en voyant "Filles d’aujourd’hui" (sa pastille comique sur Canal + - ndlr)", explique-t-il. "D’abord ça m’a fait beaucoup rire et surtout j’ai trouvé ça très juste dans la manière dont elle dépeignait les contours de ses personnages. J’avais besoin de quelqu’un qui avait une richesse de jeu et d’invention."


De leur expo au Palais de Tokyo, remplie de VIPs – Claire Chazal, Arthur, Pascal Obispo – à leur appartement ultra-design, mais très fonctionnel, le couple qu’ils forment est la bonne surprise d’une comédie taillée pour le succès. Jusque dans sa prise de risque. "Avec Laurence, je recherchais un truc plus subtil", reconnaît Dany Boon. "On en a discuté beaucoup lors des lectures du scénario, et encore sur le tournage. Il ne fallait pas qu’elle incarne une femme qui reste en observation lorsque son mec redevient Ch’ti. Je ne voulais pas non plus faire une critique du monde parisien. C’est une critique des gens qui sont dans le paraître et qui ont besoin de revenir à '’être'."

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