VIDÉO - Place des femmes dans les festivals : après avoir allumé la mèche à Venise, Jacques Audiard continue à Deauville

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HUMEUR - Ce week-end, Jacques Audiard a poussé un coup de gueule à la Mostra de Venise sur la sous-représentation féminine dans les festivals de cinéma. Interrogé sur le sujet ce mardi en pleine conférence de presse au 44e Festival du cinéma américain de Deauville, le cinéaste a tenu une bonne fois pour toute à mettre les points sur les i. Et il n'a pas fait dans la langue de bois...

Et si l'on questionnait la sous-représentation féminine dans et à la tête des manifestations dédiées au septième art ? C'est ce que propose Jacques Audiard, qui déplore notamment l’absence de femmes à la direction des festivals de cinéma. Le réalisateur français a eu le malheur d'allumer la mèche ce dimanche en conférence de presse à la Mostra de Venise.


"Ça fait vingt-cinq ans que mes films sont dans les festivals, je n’ai pas vu de femmes à la tête des festivals, a-t-il déclaré. J’ai envoyé des courriers à mes confrères de la sélection et j’ai senti qu’il n’y avait pas un écho formidable (sic). Ne nous posons pas la question du sexe des films, posons-nous la question de savoir si les festivals ont un sexe, si les dirigeants des festivals ont un sexe. Ça, c’est une question simple et la réponse est oui (...) Je pense qu’il y a un problème là, et un autre problème, c’est que depuis vingt-cinq ans, j’ai souvent vu les mêmes têtes, les mêmes hommes à des postes différents, mais toujours là." 

Une seule femme en lice pour le Lion d'Or à Venise

Pour illustrer ses dires, Jacques Audiard a pointé du doigt la sous-représentation féminine parmi les réalisateurs en lice pour décrocher le Lion d'or à Venise. Sur les vingt et un longs-métrages en compétition, seul The Nightingale est dirigé par une femme, à savoir Jennifer Kent. Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, aurait agi de la sorte, toute la presse en aurait complaisamment parlé pendant des semaines en hurlant au scandale. 


C'est donc Audiard qui a interrompu vaillamment ce silence assourdissant autour de la sélection de Venise avec, en prime, de solides arguments. C'est tout à son honneur. Ses propos ont, depuis, naturellement été repris dans les médias et lui sont tout aussi naturellement revenus comme un boomerang ce mardi au 44e Festival du cinéma américain de Deauville où son film Les Frères Sisters était présenté... 

"Une affaire d'égalité et de justice"

Interrogé notamment sur la question de "la place des femmes dans son cinéma viril", Audiard, qui aime à regarder les hommes tomber, a rétorqué : "Je ne sais pas s'il y a plus d'hommes que de femmes sur mes équipes, la question ne se pose pas (...) C'est pourquoi dans les festivals, on a l'impression d'être dans un vieux monde (...) je montre des femmes très puissantes, des mecs en dégoulinade", citant, en passant, les héroïnes de Sur mes lèvres et De rouille et d'os qui, il est vrai, ne ressemblent pas à Rambo. A ses côtés, stoïque, Joaquin Phoenix, l'un des acteurs principaux des Frères sisters, n'a pas ouvert la bouche de toute la conférence de presse, apparaissant fatigué et amaigri, inquiétant ses aficionados de la première heure. 


A part ça, Audiard a également appelé à dissiper "l’opacité en genre et en nombre" et à changer les choses dans "les comités de sélection" et chez "les sélectionneurs" des festivals. D'autres questions ?

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