Sarah Jessica Parker à Deauville : pourquoi sa série "Sex and the city" a été une révolution

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CUL-CULTE - La très attendue Sarah Jessica Parker foulait le tapis rouge ce jeudi soir au 44e Festival du cinéma américain pour recevoir le "Deauville Talent Award". Une aura gagnée grâce à son personnage dans "Sex and the City", une série chic et choc qui a marqué des générations entières.

Dans cette première édition du Festival du cinéma américain de Deauville de l'ère post-Weinstein, les rapports hommes/femmes sont plus que jamais au centre des enjeux. Quoi de plus emblématique donc que d'inviter la comédienne Sarah Jessica Parker, l'éternelle héroïne de Sex and the city, cette série télévisée diffusée par la chaîne américaine HBO de la fin des années 90 au milieu des années 2000. Une série qui a rendu la moitié de la gente féminine de la planète accro à cet ensorcelant petit écran et qui, surtout, prônait une liberté totale chez ses quatre protagonistes new-yorkaises. 


Bruno Barde, le directeur du festival de Deauville, ne masque d'ailleurs pas l'intention : "C’est une icône, un précurseur car avec Sex and the city, c’est la première fois que l’Amérique a parlé à l’écran expressément et artistiquement d’une sexualité féminine". Une série qui, rappelle-t-il, affiche "six saisons, 94 épisodes, 200 millions de spectateurs dans le monde, 10 millions en France sur le dernier épisode". 


Et une révolution ? Oui. Pour la première fois, une série télévisée mettait en scène comme héroïnes des femmes libres, indépendantes et libérées, toutes ayant des caractères bien trempés, et les suivait dans toutes leurs aventures. Une audace due à HBO qui, comme pour l'immense série Six Feet Under, transmue le scandale en atout majeur. A son origine, une chronique régulière du New York Observer, écrite par Candace Bushnell dès 1994 (initiales C.B., comme Carrie Bradshaw, le personnage interprété par Sarah Jessica Parker). Ces petits textes ont été ensuite réunis dans le roman Sex and the City. Candace Bushnell y parle de ses amies de la société new-yorkaise (aisée, cela va de soi), des amitiés et des relations qui se nouent dans ce milieu bien particulier. Précisément ce que fait Carrie Bradshaw dans ses chroniques, et donc dans la série. 

Une série féministe

Diffusée sur M6 au début des années 2000, Sex and the City fédère par son humour et sa réjouissante verdeur. Et sa découverte bouscule alors les familles françaises : "J'avais 20 ans lorsque la première saison de Sex and the City a été diffusée en France, nous confie Emily Barnett, journaliste aux Inrocks. Quand j'ai vu débouler sur ma télévision ces quatre jeunes femmes new-yorkaises un peu plus âgées que moi, qui se mettaient à parler de garçons, de sexe, d'amour, de travail, de désir aussi librement, c'était un choc." Stéphanie Belpêche, journaliste au JDD, la considère pour sa part comme une série féministe : "On y voyait des personnages de femmes au pouvoir, Sarah Jessica Parker jouait une journaliste-écrivaine à succès qui n'avait besoin d'aucune aide financière." 


L'une des raisons pour lesquelles Sarah Jessica Parker était à ce point populaire, c'est qu'elle ne ressemblait pas alors aux mannequins de magazine : "Elle jouait une fille qui avait du caractère, au charme absolument dingue. Elle est renversante, elle a un sourire charmant, poursuit Emily Barnett. Je pense qu'elle a concouru à modifier une certaine idée qu'on se fait de la femme new-yorkaise des années 2000." Et Stéphanie Belpêche de conclure : "En revoyant une série comme Sex and the City, on se rend compte que la parole des femmes était déjà libérée, bien avant Time's up ! Je me souviens encore du langage très cru dans la description des histoires d'amour, lorsque les quatre amies se retrouvent et discutent de leurs nuits, en donnant tous les détails. J'imagine que cela a dû plaire et servir de modèle aux jeunes femmes découvrant cette série". En résumé, Sex and the city, une série devenue "cul-culte".

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