VIDEO - Festival de Deauville 2017 : "Good Time", la confirmation que Robert Pattinson n'a plus rien à voir avec le héros de Twilight

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ON AIME - Imaginez un film halluciné de Martin Scorsese parcouru par une bande-son électro hypnotique, électrisé par des couleurs flashy, transcendé par Robert Pattinson en braqueur habité et peroxydé. Vous obtenez "Good Time", polar sous acide servi chaud par les talentueux frères Safdie, chantres du "mumblecore". Plus hype tu meurs.

Connie (Robert Pattinson) et son frère Nick, souffrant de retard mental (Ben Safdie lui-même), braquent une banque en plein jour. Tout se déroule selon leurs plans jusqu'à ce que Nick se fasse repérer par la police, puis arrêter. D'une abnégation totale, son frère va tenter de le sortir de là, au cours d'une nuit folle qui va le mener chez un receleur, dans un parc d'attraction ou encore dans l'appartement d'une grand-mère vivant avec sa petite-fille de 16 ans.


Vous allez le lire partout au moment de la sortie le 13 septembre prochain, mais c’est vrai : Robert Pattinson enterre définitivement avec Good Time son image so glam de Twilight. Son ambition depuis quelques films : prouver une énième fois qu’il vaut mieux qu’une image de playboy lisse, et inviter au grand saccage des apparences. C’est chose peu aisée mais fort réussie présentement. 

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Robert Pattinson n’est pas celui que vous croyez

Pattinson joue un braqueur embarqué dans une mission désespérée et nocturne dans les bas-fonds d’un New York interlope pour faire sortir de prison son frère handicapé. Loin des canons Hollywoodiens, l’acteur avait déjà commencé sa réjouissante besogne dans des films comme Cosmopolis de David Cronenberg ou The Lost City of Z de James Gray. 


Sous l’égide des frères Safdie, des indépendants purs et durs comme le Festival de Deauville les affectionne, il donne la meilleure performance de sa carrière dans ce film de braquage déjouant avec une élégance souveraine les lieux communs du genre et donnant à voir, si l’on excepte Robert Pattinson et l’excellente Jennifer Jason Leigh, une distribution composée d'acteurs peu connus comme Buddy Duress, une gueule, habitué des frères Safdie et ancien délinquant, ainsi que des figurants découverts lors de castings de rue. Une particularité qui confère force et véracité au portrait de New York, en particulier du quartier de Queens, situé en face de Manhattan et à l'image un peu banlieusarde. 


En d’autres termes, les frères fraichement trentenaires donnent plus d’importance à l’atmosphère (ouatée) et aux personnages (complexes) qu’à l’action. D’où une intrigue erratique qui peut parfois dérouter, pour ne pas dire décourager, les spectateurs les plus cartésiens. 

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Derrière le fluo et le néon, resplendit la noirceur

Reste que dans cette façon à la fois douce et violente de plonger dans le New-York si cinégénique des bas-fonds grouillants, on se croirait revenu à la (bonne) époque des (bons) polars d’Abel Ferrara ou aux nuits du After Hours et du Mean Streets de Martin Scorsese. Héritage fièrement revendiqué et par conséquent bienvenu à une heure où le cinéma Hollywoodien rime avec verroterie consensuelle. 


Il y a quelque chose d’un peu désuet, d’un peu sale et d’un peu sexy dans ce film, magistralement mis en musique par Oneohtrix Point Never. En même temps qu’il s’agit d’un renouvellement, d’une nouvelle étape artistique chez les Sadfie – leurs The Pleasure of Being Robbed en 2008 et Lenny and the Kids en 2009 étaient passionnants mais trop appliqués, trop dans la veine post-Cassavetes déjà trop creusée. Dans tous les cas, chacun en sort gagnant. 

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