VIDEO - Fidel Castro : de Spielberg à Depardieu, ses liens sacrés avec le monde du cinéma

CINÉMA
POP STAR - De Steven Spielberg à Chris Marker en passant par Oliver Stone, Robert Redford et Gérard Depardieu, les stars de cinéma ont toutes des histoires étonnantes avec Fidel Castro.

Si on le savait drastique avec tout ce qui venait du monde de l’Oncle Sam, il n’en demeure pas moins que Fidel Castro nourrissait une vraie fascination pour l’usine à rêves, Hollywood et par extension le monde du cinéma. Le seul produit culturel US qu’il tolérait avec le baseball. Ce qui, il est vrai, s’avère paradoxal de la part de celui à qui l’on doit la fameuse maxime "le socialisme ou la mort". 


Réciproquement, des cinéastes aguerris ont eux aussi voué une certaine fascination à l’égard du Lider Maximo. A l’instar de Steven Spielberg qui l’a rencontré en 2002 le temps d’une rétrospective organisée à Cuba et confessé, suite à cette rencontre, qu’il s’agissait des "huit heures les plus importantes de sa vie." Castro étant par ailleurs un fan number one de E.T. l’extra-terrestre, A.I. Intelligence artificielle et Minority Report.

Je suis resté vingt ans avec lui, jusqu'au jour où il est tombé de son estradeGérard Depardieu

Autre star : Gérard Depardieu qui n’a jamais caché son amitié avec Fidel Castro. Dans une interview donnée au magazine BD Casemate, il assure : "Je suis resté vingt ans avec lui, jusqu'au jour où il est tombé de son estrade. Ensuite, je ne l'ai jamais revu. On passait des nuits entières à discuter." Depardieu nous apprend dans cette même interview que le livre préféré de Castro était Les Misérables de Victor Hugo: "Cuba a envoyé des professeurs dans les favelas du Venezuela pour apprendre aux gens à lire avec le livre mascotte de leur président."

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Castro au cœur des documentaires et des films

Chris Marker, réalisateur de La Jetée, ce somptueux court métrage qui a tant inspiré le cinéma américain (L’armée des douze singes, de Terry Gilliam entre autres), a tourné à Cuba en 1961 un documentaire hallucinant : Cuba Si.  À l'occasion du premier anniversaire de la révolution cubaine, en janvier 1961, un an après l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro, Chris Marker filme Cuba et la société cubaine, sa vitalité, ses aspirations, sa vie quotidienne. Une peinture murale célèbre Fidel Castro, Ernesto "Che" Guevara et Juan Almeida, apportant au peuple cubain l'industrialisation, la réforme agraire et l'alphabétisation. Dans ce pays où un tiers des habitants ne sait ni lire ni écrire, 1961 a d'ailleurs été déclarée année de l'éducation. 

C'est cette même année qu'est née la révolution : abattre la dictature de Batista, puis construire une société nouvelle. En cette année 1961, de quoi parlait-on dans le monde ? De l'Algérie, de l'Espace, du Congo, du Laos, de l'Afrique. Le 17 avril, on apprit que l'attaque contre Cuba était lancée et, le 20, qu'elle avait échoué. En 1965, après dix ans au pouvoir, le Che quitte Cuba et n’y reviendra plus officiellement. Fidel reste seul maître à bord, la révolution est terminée depuis longtemps.

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Des décennies plus tard, Oliver Stone, à qui l’on doit le récent biopic paranoïaque Snowden, s’est entiché de Castro à deux reprises, en essayant de renouer la complicité que ce dernier entretenait avec le théologien de la libération brésilien Frei Betto : dans Comandante (2002) tout d’abord, où le réalisateur de L’enfer du dimanche interviewe Fidel, toujours farouche opposant au régime américain, à Cuba et le cuisine sur différents sujets, pendant trois jours, notamment l’amitié qui le lie à Robert Redford, à Gérard Depardieu, la venue médiatisée de Steven Spielberg dans un festival, etc. 


En dépit de questions très en surface (Regardez-vous des films américains? Quels souvenirs gardez-vous du Che?), le doc fait polémique et ne connait pas de sortie en salles aux États-Unis à cause de pressions politiques – il n’est visible qu’en Europe en DVD. Deux ans plus tard, Oliver Stone produit un autre film sur Fidel Castro en 2004 pour la télévision : Looking for Fidel, diffusé dans le cadre de la série télévisée américaine America Undercover, à la suite de l'exécution de trois dissidents cubains aux États-Unis. 

Castro a vu "Che" de Steven Soberbergh

Au cinéma, certains comme le réalisateur de cinéma et télévision Maurice Dugowson ont cherché à raconter avec moins de complaisance l’arrivée au pouvoir de Fidel et du Che dans le bien nommé El Ché (1997). A ce propos, Fidel Castro a vu Che (Steven Soderbergh, 2008) qui retrace la vie de son compagnon d'armes Ernesto Guevara et a manifestement apprécié le résultat. 


Bien après sa mort, Fidel Castro continuera de hanter le cinéma américain. On parlera à nouveau de lui dans Marita, avec Jennifer Lawrence. Un biopic consacré à son ancienne maîtresse, Marita Lorenz, célèbre pour avoir entretenu une liaison avec Fidel Castro en 1959, alors qu'elle était âgée de 19 ans. Enceinte, elle a avorté puis quitté Cuba pour rejoindre les anti-communistes aux Etats-Unis, où elle est recrutée par la CIA pour tenter d'assassiner le leader cubain. 

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