VIDÉO - Qui est James Toback, le réalisateur accusé de harcèlement sexuel ?

PORTRAIT - Le réalisateur James Toback est au centre d'un scandale, accusé d’avoir approché de nombreuses jeunes femmes pour leur proposer des rôles, avant de leur faire des avances insistantes ou de les toucher sans leur consentement. Au cinéma, on lui doit notamment "Mélodie pour un tueur", un film noir ayant inspiré "De battre mon cœur s'est arrêté" de Jacques Audiard.

Et si l'affaire Harvey Weinstein n'était que les prémices de nouvelles ondes de choc ? La preuve avec la deuxième personnalité hollywoodienne éclaboussée par le scandale : le réalisateur James Toback. 


Depuis l'apparition du hashtag #MeToo sur Twitter, James Toback est mentionné plusieurs fois au gré de l'expression "Tu t'es faite Toback-ée". Et d'après une enquête du quotidien Los Angeles Times, il est accusé de harcèlement sexuel par environ 38 femmes. Pour arriver à ses fins avec de jeunes femmes, il leur aurait laissé espérer un rôle dans un film. 


Selon un tweet du journaliste Gleen Whipp, "193 femmes de plus m'ont contacté pour parler de James Toback" ; ce qui laisse augurer là aussi de nouvelles ondes de choc...

Le nom de James Toback ne vous dit peut-être rien ; pourtant, il a considérablement tourné à la fin des années 70 et pendant les années 80. 


Artiste polyvalent qui a un peu tout fait et tout connu (ancien étudiant à Harvard, journaliste, conférencier en littérature comparée, scénariste, réalisateur...), il est à l'origine d'un film culte réalisé en 1978 : Mélodie pour un tueur (également connu sous le titre Fingers). L'histoire d'un homme un peu paumé joué par Harvey Keitel vivant entre deux mondes : dans l'un, c'est un pianiste amateur aux grandes ambitions. Dans l'autre, c'est un brutal recouvreur de dettes qui officie pour le compte de son père, un redoutable mafieux. 


A travers cette dualité existentielle, Toback racontait quelque chose des Etats-Unis, pays en pleine agonie et en pleine mutation à la fin des années 70.

Cette histoire vous rappelle quelque chose et vous avez raison : Jacques Audiard en a proposé un fabuleux remake avec De battre mon coeur s'est arrêté (2005) dans lequel Romain Duris époustouflait en épousant tous les vacillements de ce rôle tourmenté et complexe. 

De "Bugsy" à Sarah Michelle Gellar

Son succès, c'est le film Bugsy réalisé par Barry Levinson, avec Warren Beatty et Annette Bening, dont il a signé le scénario. Une évocation il est vrai très Hollywoodienne de la vie de Bugsy Siegel, mafieux américain de la Yiddish Connection, qui a obtenu deux Oscars en 1991. 


Cinéaste singulier, il a également signé deux étrangetés : Black and White (1998), vision des rapports entre les communautés blanche et noire, sur fond de rap et de hip-hop dans laquelle il dirige Mike Tyson, le faisant converser à table avec Brooke Shields (ainsi qu'une Claudia Schiffer dans le rôle d'une ethnologue). 


Ainsi que Harvard Story (2001), sorte de teen movie philosophique illuminé donnant l'illusion au spectateur d'avoir consommé du LSD et dans lequel Sarah Michelle Gellar s'encanaille, peu de temps après Sexe Intentions

James Toback retrouvera Mike Tyson le temps d'un documentaire éponyme Tyson, racontant la gloire et la descente aux enfers du boxeur. Le plus jeune champion du monde des Lourds (50 victoires en 58 combats) y est décrit comme un homme criblé de dettes et Toback voit à travers Tyson un homme qui a tout perdu. 


Interviewé à cette occasion, Toback révélait que "les boxeurs fournissent un travail phénoménal pour porter les coups les plus précis, les plus dévastateurs, pour tenter aussi de contrôler le combat et, quand ils s'y attendent le moins, un coup vient tout foutre par terre." 


James Toback est K.O. Ce n'est pas la première fois qu'une telle enquête vise le réalisateur américain, déjà épinglé en 1989 par un article du magazine Spy détaillant comment James Toback draguait des femmes dans les rues de l'Upper West Side à New York en leur promettant des rôles dans ses films. 

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Hollywood : le scandale Harvey Weinstein

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