VIDÉO - "Jigsaw" dans les salles de cinéma : pourquoi cette saga horrifique fascine autant ?

DirectLCI
ENQUÊTE - "Jigsaw", en salles ce mercredi, a pris la tête du box-office nord-américain dès sa sortie pour le week-end précédant Halloween. C'est la suite de la saga d'épouvante "Saw" qui sévit depuis 12 ans et qui séduit une jeune génération de spectateurs qui en veulent "en-gore".

On pensait que le mythe JigSaw touchait à sa fin. Saw 3D : chapitre final (2010) promettait d’être l’ultime volet d’une saga ayant profité d’une mouvance torture-porn. Sept ans plus tard, la veine est toujours aussi chaude avec Jigsaw, de Michael et Peter Spierig. 


Après une série de meurtres qui ressemblent étrangement à ceux de Jigsaw, le tueur au puzzle (incarné par Tobin Bell), la police se lance à la poursuite d'un homme mort depuis plus de dix ans. Un nouveau jeu vient de commencer et l'enjeu se résume ainsi : Jigsaw, le serial-killer le plus moralisateur des serial-killer, est-il revenu d'entre les morts pour rappeler au monde qu'il faut sans cesse célébrer la vie ou bien s'agit-il d'un piège tendu par un autre assassin ? Un disciple qui poursuit d'autres ambitions ? 

"Saw" est rapidement devenu le rendez-vous de Halloween

Jigsaw est le huitième opus de la saga Saw débutée en 2005 sous la houlette du réalisateur James Wan. Avec une gabegie d’effets chocs hérités du vidéo-clip, une prédilection pour le gore et le trash, un extraordinaire thème musical de Charlie Clouser (Nine Inch Nails), un coup de théâtre final bluffant et une phrase célèbre ("Some people are so ungrateful to be alive. Not you, not anymore. Game over"), Saw premier du nom est rapidement devenu culte. 


Les deux créateurs (le réalisateur James Wan donc et l'acteur scénariste Leigh Whanell) ont donné leur accord pour développer ce premier volet en une franchise idéale pour les fêtes d’Halloween. Chaque avatar étant construit selon les bases du premier Saw : un boogeyman démiurge qui n’en finit pas de crever, une litanie de tortures insoutenables et surtout un twist final qui remet en cause tout ce que le spectateur a vu. C’est aussi un moyen de fidéliser le public : pour comprendre chaque nouvel épisode, il est préférable d’avoir déjà vu le précédent pour saisir toutes les références.


A l'arrivée, ça marche : les sept épisodes ont rapporté en tout 870 millions de dollars de recettes mondiales. 

Que nous raconte le succès de la saga "Saw" ?

D'épisode en épisode, ce soap-opera du gore a souligné les liens étroits entre différents médias (le jeu vidéo, le clip, la série, la télé-poubelle, le cinéma, YouTube) en déduisant que toutes les formes d'art sont devenues interchangeables. Le but avoué des Saw depuis le début consiste à transformer la torture en divertissement pop corn. 


La saga s'est essayée à la veine du torture-flick qui a autant fait sa renommée (Saw 3) que sa perte (tout ce qui a suivi). De plus en plus extrême, les films ont écopé de nombreuses interdictions, dont une aux mineurs pour Saw 3 et une annulation de visa d'exploitation pour Saw 3D à cause de sa "très grande violence". Jigsaw, lui, n'est interdit qu'aux moins de 16 ans. 

Il y a près de vingt ans maintenant, les fans du genre taxaient le cinéaste Wes Craven de cynique parce qu’il avait réalisé Scream, film d’horreur parodique ayant relancé le genre tout en se moquant ouvertement. Aujourd’hui, le cynisme paie (c’est une monnaie courante) et les Saw, enfants dégénérés des Scream, annoncent une nouvelle génération de psychopathes plus violents. Jigsaw a beau répéter à chaque film "Game over" ("la partie est finie", en vf), soyez-en sûrs, la partie n’est pas terminée.

Plus d'articles

Sur le même sujet