VIDÉO - Pierre Niney : "Avec Romain Gary, les choses les plus folles sont souvent les plus vraies"

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INTERVIEW – Dans "La Promesse de l’aube", en salles ce mercredi, le talentueux Pierre Niney prête ses traits et son énergie au jeune Romain Gary. Une expérience inoubliable, comme il l’a confié à LCI.

C’est l’homme incontournable du cinéma français. Depuis qu’il a décroché le César du meilleur acteur pour Yves Saint-Laurent, en 2015, Pierre Niney enchaîne les projets ambitieux. Après Frantz de François Ozon et L’Odyssée de Jérôme Salle, où il incarnait le fils du commandant Cousteau, il s’attaque à un mythe, l’écrivain Romain Gary. Réalisée par Eric Barbier, La Promesse de l’aube est l’adaptation spectaculaire et intimiste d’un roman culte, cher au jeune comédien…

LCI : Aviez-vous lu "La Promesse de l’aube" avant que l'on vous propose d'en tourner l'adaptation ?

Pierre Niney : J'avais lu le roman avant, au lycée. J’avais trouvé que c’était extrêmement cinématographique. C’est même l'un des premiers livres qui m’a donné envie de lire plus. Je trouvais ça fou, complètement fou. Une trajectoire tellement dingue d’aventurier moderne "à la Indiana Jones" et d’homme de lettres à la fois. En même temps, ça raconte quelque chose de la France, politique, et surtout du lien incroyable avec sa mère. Je me suis dit que c’était génial d’adapter ce livre, mais qu’il fallait se concentrer sur le scénario d’Eric Barbier pour "désacraliser" et rentrer dans le film. Et puis ce n’est pas un biopic. C’est l’adaptation d’une biographie avec beaucoup de sensations, beaucoup de choses romancées comme toujours chez Gary.

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Pierre Niney : "Romain Gary était un artiste torturé, passionnant, multiple"

LCI : Comment saisir un personnage aussi complexe que Romain Gary ? Est-ce au moins possible ?

Pierre Niney : On a envie de le comprendre. Moi le premier car je dois jouer une "version" de qui il était, puisqu’il a toujours expliqué que "La Promesse de l’aube" était une autobiographie avec une distorsion du réel. Mais c’est ça qui est passionnant. Il ne faut pas essayer de chercher du factuel. Beaucoup de choses sont folles, et les plus folles sont souvent les plus vraies. Alors oui, on peut comprendre certaines choses de Gary. Comme par exemple son enfance, très touchante, notamment sa relation avec sa mère, qui explique l’artiste qu’il est devenu. Une mère torturée, passionnante, multiple, avec des dédoublements de personnalité constants, beaucoup de choses qu’il a héritées d’elle. Le film pose cette question de la filiation, le poids de ce qu’on lègue à nos enfants ou pas.

LCI : Dans quelle mesure votre interprétation, comme le film, lui est fidèle… ou pas ?

Pierre Niney : C’est un mélange. Je me suis penché sur des interviews, des livres que je n’avais pas lus et qui m’ont marqué. Ce qui est très fort dans le film d’Eric Barbier, c’est qu’il est à l’image de la littérature de Romain Gary, à la fois, intelligente et poétique, et en même temps très accessible, très populaire, très généreuse. Très compréhensible même si ça parle d’une vie complètement folle. Cette relation mère-fils, elle est universelle, elle parle à tout le monde. Ce qui est la marque des grands artistes. Lors des avant-premières, plein de gens m’ont dit qu’ils avaient envie d’appeler leur mère, que ça leur avait fait comprendre plein de choses sur leur éducation. Parce que ce livre en particulier était la déclaration d’amour de Romain Gary à sa mère, mais aussi à toutes les mères du monde.

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La Promesse de l'aube : le making of Pierre Niney

LCI : Le film comporte aussi de nombreuses scènes épiques, très spectaculaires. Est-ce que ça fait partie aussi du plaisir d’un tel projet ?

Pierre Niney : Ce n’est pas tous les mercredis qu’on voit en France des œuvres qui contiennent à la fois l’ADN d’une littérature aussi belle et celle des grands films d’aventure. C’est forcément plus compliqué à faire. On a tourné dans cinq pays et j’en garde des souvenirs magnifiques. Je pense aux galops à cheval, dans le désert marocain, ou aux séquences en avion. Je me suis retrouvé dans la vraie bulle d’observation où Romain Gary a passé énormément de temps à bombarder les Allemands. On m’a vraiment fait monter dans un ancien avion des années 1940 où lorsque tu décolles, tu as l’impression que tu vas mourir d’un moment à l’autre, à chaque instant. Un tournage comme ça, c’est moins épique que la vie de Romain Gary, mais on s’en rapproche un tout petit peu.

>> "La Promesse de l'aube" de Eric Barbier. Avec Pierre Niney, Charlotte Gainsbourg, Finnegan Oldfield. Durée 2h10.

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