VIDEO - "Le Sens de la fête", la critique : faites tourner les serviettes pour la meilleure comédie française de l'année !

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ON ADORE - Avec "Le Sens de la fête", les réalisateurs d'"Intouchables" signent un amour de comédie, tour à tour hilarante, nostalgique, acide et émouvante. Avec en prime un Jean-Pierre Bacri au sommet de son art. Que demander de plus ?

C’est le pianiste israélien Avishai Cohen qui signe la bande-originale trépidante du nouveau film du duo Olivier Nakache-Eric Toledano. Rien de surprenant puisque Le Sens de la fête emprunte au jazz son art du timing et de l’improvisation juste. Le chef d’orchestre, c’est Jean-Pierre Barci, alias Max, un traiteur roublard dont la bande de bras cassés est chargée de l’organisation d’un mariage bourgeois dans un somptueux château du XVIIe siècle. Evidemment, rien ne se passe comme prévu. Mais l’éternel bougon du cinéma français a de la ressource… et de la répartie.


Curieux, les réalisateurs d’Intouchables ont choisi de se focaliser sur les "petites mains" sans qui la noce serait impossible. Il y  a donc Adèle (Eye Haïdara), bras droit impulsive de Max, toujours prête à hurler sur les équipes, James (Gilles Lellouche), le chanteur de bal débonnaire qui se prend pour Eros Ramazzotti, Guy (Jean-Paul Rouve), le photographe pique-assiette excédé par les smartphones et tous un tas de serveurs dont il va falloir dompter les humeurs. Parmi eux, Julien (Vincent Macaigne), le beau-frère névrosé de Max, secrètement amoureux de la mariée…

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Jean-Pierre Bacri : "Faire la fête, je déteste ça !"

Embardée poétique, digression intimiste et comédie grand public

Tout ce petit monde va se côtoyer, se frictionner, s’engueuler et se réconcilier au fil d’une soirée où chaque personnage, même le plus caricatural, se révélera plus complexe que sa première apparition à l’écran pourrait le laisser croire. C’est la grande force de leur scénario : d’un pitch propice à la franche rigolade, Nakache et Toledano ont construit une comédie pleine de nuances, capable d’une soudaine embardée poétique ou d’une digression intimiste avant de retrouver le fil plus convenu, mais diablement efficace, de la comédie grand public.


Le Sens de la fête ne connaîtra sans doute pas le même succès qu’Intouchables – 19 millions d’entrées rien qu’en France, rappelons-le. Mais c’est le genre de petit miracle capable de réunir par-delà les classes sociales et les générations. De réconcilier aussi le cinéphile pointu avec le spectateur du samedi soir. Il prouve enfin qu’en 2017, on peut faire rire sans être méchant, se moquer sans rabaisser. Critiquer sans humilier. Bref, un vrai film qui fait du bien.

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