VIDEO - "Monsieur je-sais-tout", ou l’art de parler du syndrome d’Asperger sans perdre le sourire

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ON AIME – Arnaud Ducret donne la réplique au jeune Max Baissette de Malglaive dans "Monsieur tout-le-monde", en salles ce mercredi. Une comédie pleine de charme et d’humour sur un coach de foot contraint d’héberger son neveu, atteint du syndrome d’Asperger. LCI a rencontré les deux comédiens.

C’est un duo improbable, du moins sur le papier. Dans Monsieur je-sait-tout, libre adaptation du roman d’Alain Gillot La surface de réparation (Flammarion, 2015), les réalisateurs François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard mettent en scène la rencontre entre Vincent,  un coach de foot bourru et Léo, son neveu atteint du syndrome d’Asperger. Si le sujet n’est pas inédit à l’écran – on pense évidemment au classique "Rain Man" avec Tom Cruise et Dustin Hoffman – le film mélange subtilement le drame et la comédie, la pédagogie d’une pathologie méconnue et la franche rigolade lorsque l’ado renfermé se découvre de surprenantes aptitudes au poste de gardien de but.


"On ne voulait pas tomber dans le pathos", explique Max Baissette de Malglaive qui livre une prestation bluffante dans le rôle de Léo. "D’ailleurs ça nous plaît beaucoup quand on nous dit que le film est juste et que le personnage n’est pas exagéré. On fait passer un message positif sur l’autisme avec un côté dramatique, tout en restant dans une comédie,  un film lumineux et joyeux." Ce que confirme volontiers son partenaire, l’humoriste Arnaud Ducret. "Quand les gens rient, c’est parce que c’est mignon, parce qu’on s’attache à ce duo qui est en train de se créer. C’est d’ailleurs ce que voulaient les associations de parents autistes que les réalisateurs ont rencontré."

En sortant du premier casting, j’étais persuadé qu’on n’allait pas me rappeler.Max Baissette de Malglaive

Si "Monsieur je-sais-tout" trouve le ton juste, c’est en grande partie grâce à ses excellents comédiens. Révélé à l’âge de 8 ans dans Versailles de Pierre Schoeller, aux côtés du regretté Guillaume Depardieu, le jeune comédien évite tous les pièges de ce type de rôle. "Au départ, me suis demandé comment j’allais faire", avoue-t-il. "C’était excitant, intriguant. Un vrai rôle de composition. Mais j’avais peur d’en faire trop, de ne pas être crédible. En sortant du premier casting, seul face caméra, je me suis dit que je n’avais pas été très bon. J’étais persuadé qu’on n’allait pas me rappeler."


Au contraire, les cinéastes lui demandent de revenir pour une nouvelle audition, où cette fois il donne la réplique à Arnaud Ducret. "J’ai dit aux réalisateurs qu’il allait devoir envoyer sévère. Parce que j’aurais beau faire de mon mieux, si l’acteur qui joue le gamin autiste n’est pas bon… Et puis j’ai vu ses essais et j’ai fait "Wahou!". Sur le tournage, je ne percevais aucune difficulté dans le jeu de Max et tout s’est mis en place très rapidement. Devant la caméra, on a trouvé plein de petits trucs qui n’étaient pas dans le scénario."

Si côté comédie, ces deux-là assurent, quid de leur niveau en foot ? "Ado j’étais fan de Chris Waddle… mais je suis resté fan de Chris Waddle", soupire Arnaud Ducret. "Je suis déjà tellement mauvais… mais alors lui c’est une catastrophe", ajoute-t-il à propos de son jeune partenaire. "L’équipe était presque désespérée", admet presque gêné Max Baissette de Malglaive. "Il y a une scène où Arnaud me tire des penalties et ça a été l’une des plus techniques du tournage. Marrante… mais technique !".


>> "Monsieur je-sais-tout" de François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard. Avec Arnaud Ducret, Max Baissette de Malglaive, Alice David. Durée : 1h39. En salles le 9 mai

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