VIDÉO - Omar Sy : "Le vivre ensemble, l’amour, l’espoir… C’est un peu con-con de dire ça, mais j’assume"

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RENCONTRE - Après le succès de "Demain tout commence", Omar Sy revient sur les écrans avec "Knock", le nouveau film de Lorraine Lévy. LCI est allé à la rencontre du "Mister Feelgood" du cinéma français et de sa partenaire à l'écran, Ana Girardot.

Dans la suite d'un célèbre hôtel parisien, Omar Sy nous reçoit avec Ana Girardot, sa partenaire à l’écran dans Knock, le film de Lorraine Lévy en salles ce mercredi. Parce que l'acteur est un gentleman. Parce que la personnalité préférée des Français a l’esprit d’équipe. Parce que son immense popularité ne saurait faire de l’ombre à celle qui lui donne la réplique dans cette libre adaptation de Knock ou le triomphe de la médecine, la pièce de Jules Romains, immortalisée à l’écran en 1951 par Guy Lefranc avec Louis Jouvet dans le rôle principal.


De l’entre-deux Guerres de la pièce, l’intrigue de cette vraie-fausse comédie dramatique a été transposée dans la France des années 1950. Knock, un petit voyou repenti, débarque dans le village de Saint-Maurice, son diplôme de médecine en poche, avec ses méthodes bien à lui pour fidéliser ses "clients". Charismatique et/ou manipulateur ? C'est en tout cas le début d'une lucrative opération séduction. Sa rencontre avec la belle Adèle va mettre en péril cette petite entreprise dont LCI est allé s’entretenir avec ses deux vedettes...

Knock est un personnage ambigu mais c’est assez jouissif d’aller mettre quelque chose derrière ce sourireOmar Sy

LCI : La jeune génération ne connaît pas forcément "Knock" avec Louis Jouvet. Encore moins la pièce dont le film est inspiré. C’était votre cas lorsque Lorraine Lévy vous a proposé d’en faire une nouvelle version ?

Omar Sy : Moi c’est ce que je lui ai dit. Et toi Ana ?

Ana Girardot : Non, non. Moi j’ai dit 'Bien sûr, Knock !, j’ai vu toutes les adaptations !' (rires). Je lui ai fait croire que je connaissais très très bien…

Omar Sy : Moi je savais que j’allais me faire choper si je mentais. "Knock", je ne l’avais pas étudié à l’école, on ne me l’a pas proposé en tout cas. Je ne savais pas ce que c’était. Donc j’ai dit : 'C’est quoi ?'. Et Lorraine a trouvé ça génial. Vu que son idée c’était d’aller complètement ailleurs, et d’adapter librement en prenant le personnage de Knock comme point de départ, je crois que ça l’arrangeait qu’on soit, pardon que JE sois ignare (rires).

LCI : Omar, comment avez-vous abordé le personnage de Knock ? Avez-vous cherché sa vérité jusque sur le tournage ?

Omar Sy : Ce que je cherche à chaque fois, c’est le chemin intérieur d’un personnage. Ce qui était particulier avec Knock, ce qu’il y avait de nouveau, ce qu’il fallait aller chercher, c’est une posture différente, une diction particulière. C’était le plus gros du travail. Pour le reste, c’est un personnage ambigu mais c’est assez jouissif d’aller mettre quelque chose derrière ce sourire. Une manigance, un côté vénal... C’est un peu jouer un méchant sans jouer un méchant.

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LCI : Devant l’écran d’ailleurs on ne sait pas tout de suite si on regarde un drame ou une comédie…

Omar Sy : On joue, on se promène, c’est un beau voyage. Il y a plein de paysages différents dans tous les sens du terme. C’est assez jouissif pour un acteur et moi j’ai pris beaucoup de plaisir.

Ana Girardot : Cette ambiguïté est présente aussi dans mon personnage. On ne voulait pas qu'Adèle n’ait qu’une seule couleur. Qu’elle soit une jeune première, une gentille, un peu niaise. On ne voulait surtout pas tomber dans le cliché. Disons qu’il fallait qu’elle soit le seul personnage qui n’ait pas de masque. Qu’elle soit directe devant Knock. Qu’elle le déstabilise et qu’il réalise qu’avec elle il n’est plus dans l’apparence. Pour qu’il se dise : 'Et si moi aussi j’enlevais mon masque ?'.

LCI : Comme "Demain tout commence", votre film précédent, "Knock" est présenté comme "un film qui fait du bien". Un film qui dégage de bonnes ondes. Omar, est-ce que c’est ce qui vous motive aujourd’hui pour accepter un projet ?

Omar Sy : Il y a toujours cette notion-là. Quand je choisis un film, j’essaie toujours de me dire qu’on va passer un bon moment, qu’on va ressortir de là rechargé de quelque chose de bien, de chaud. Ce petit chaud (il montre son cœur- ndlr), une petite note d’espoir. Parce que j’ai foi, moi, en l’être humain (…) Le vivre ensemble, c’est quelque chose qui me parle énormément et j’ai l’impression qu’aujourd’hui il faut porter ce discours-là. Parce qu’il y a peu de gens qui osent le faire sans craindre de passer pour des imbéciles heureux, d’avoir l’air un peu niais ou fleur bleue. Mais moi j’assume complètement ce discours, et même je le revendique. Le vivre ensemble, l’amour, l’espoir, la chaleur… C’est un peu con-con de dire ça mais j’assume. 'Enchanté les gars, je suis le couillon de service, mais je vous le dis : ça peut faire du bien !'."

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LCI : Knock, c’est un manipulateur. Ça ressemble au métier d’acteur, non ?

Ana Girardot : C’est sûr que quand on joue un personnage, on met des masques. On veut convaincre, on veut se convaincre. On veut se connecter à un personnage et à sa vérité. On veut porter un autre costume. Avec Knock c’est différent parce qu’ il est filou…

Omar Sy : Et puis il ment ! Knock est un menteur. Il manipule, il n’est pas honnête. Il y a quelque chose de prémédité, de calculé que, j’espère, il n’y a pas dans ma façon d’être acteur. C’est-à-dire que… Je ne mens pas. Quand je fais l’acteur, je ne mens pas. Je suis au contraire très sincère. Je ne peux pas l’être plus. Quand je joue Knock, et que je regarde dans les yeux d’Adèle, je crois à l’amour qu’il a pour cette fille. A un moment même je le ressens. Si je mens, je pense que ça ne marche pas. Knock, il calcule, il prémédite. Il n’est pas acteur. Parce qu’il se coupe de ses émotions. Or un acteur il ne fait que ça : il est branché sur ses tripes. En tout cas moi je ne sais pas faire autrement. Knock, en revanche, il a coupé le réseau et il fait son deal. Et quand il voit cette fille, il se rend compte qu’il est encore branché. C’est là le problème… et c’est ce que j’ai trouvé super !

>> Knock, de Lorraine Lévy. Avec Omar Sy, Ana Girardot, Alex Lutz, Pascal Elbé (1h53). En salles mercredi 18 octobre.

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