"Revenge" : film d'horreur féministe, bain de sang au Festival de Gérardmer

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REVIEW - En s'inscrivant dans la tradition du "rape and revenge", "Revenge" de Coralie Fargeat, présenté ce vendredi au Festival de Gérardmer et en salles mercredi prochain, raconte comment une femme laissée pour morte au milieu du désert se venge de ses violeurs. Mieux vaut avoir le cœur bien accroché.

Sensation gore au Festival de Gérardmer ce vendredi soir, Revenge de Coralie Fargeat interpelle d'emblée pour trois raisons : 


1. C'est un "rape and revenge", sous-genre horrifique où une femme est violée et se venge de son/ses agresseur/s ayant donné lieu à des films sulfureux comme L'ange de la vengeance de Abel Ferrara ou I spit on your grave de Zehr Mekri. 

2. Il est réalisé par une femme 

3. Il est français


Et conformément au genre dans lequel il s'illustre, l'intrigue tient sur un confetti. On y voit trois riches chefs d’entreprise quarantenaires, mariés et bons pères de famille qui se retrouvent pour leur partie de chasse annuelle dans une zone désertique de canyons. Un moyen pour eux d’évacuer leur stress et d’affirmer leur virilité armes à la main. Mais cette fois, l’un d’eux est venu avec sa jeune maîtresse, une lolita ultra sexy qui attise rapidement la convoitise des deux autres... Les choses dérapent... Dans l'enfer du désert, la jeune femme laissée pour morte reprend vie... Et la partie de chasse se transforme en une impitoyable chasse à l'homme...

Réalisé par Coralie Forgeat, une réalisatrice française avide de bouleverser les us et coutumes horrifiques, Revenge, qui sort en salles mercredi prochain, arrive au moment du #balancetonporc. Surtout, il n'épargne rien au spectateur et le point de vue sur ledit "rape and revenge" change. C'est ce qui fait la différence en 2018 où un an après Grave de Julia Ducournau, une autre réalisatrice française s'aventure dans le gore qui tache pour traduire une forme d'oppression. 

On sait gré à Coralie Fargeat de faire fi de toute moralisation, et surtout de tout post-modernisme. Imposer un discours moral là-dedans ou un vernis cynique aurait flingué le film qui gagne à rester au premier des degrés, jouant des symboles et des stéréotypes. Le casting a été choisi en ce sens. L'homme ressemble à Ken, elle à Barbie, ils vivent dans une maison sublime dans des paysages sublimes et ce décor idyllique de paradis, à la fois azur et rocailleux, de devenir un lieu de cauchemar primal où Ken se révèle un badass et Barbie une warrior.

Le climax final ultra-gore, zébré d'humour noir, rehausse tout ce qui a précédé, procédant de l'inversion des rôles (filmée comme une bimbo au début, l'héroïne n'est plus sexué et le méchant est filmé dans le plus simple appareil). Fargeat n'a pas peur de montrer qu'elle a du style (elle sait cadrer et composer des plans-séquences) et elle a bien raison. Son film n'en reste pas moins une hallucinante boucherie (shotgun à foison, têtes ten bouillie, gros bout de verre arraché du pied, cadavre purulent, bouche dégueulasse en gros plan, on en passe). Une allégorie pour balancer ses porcs.

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