VIDÉO - Robert Pattinson à Deauville : comment l'ex-star de "Twilight" est devenue l'icône du cinéma indépendant

DirectLCI
MÉTAMORPHOSE - De "Twilight" au cinéma indépendant ultra-pointu (Cronenberg, Safdie...), la star Robert Pattinson exécute une mue artistique impressionnante, justifiant pleinement l'hommage que lui rend ce samedi le 43e Festival de Deauville.

Pour beaucoup, Robert Pattinson reste connu pour avoir interprété le rôle de Edward Cullen dans Twilight au côté de Kristen Stewart, ainsi que celui de Cédric Diggory dans le 4ème opus de la saga Harry Potter (Harry Potter et la Coupe de feu, 2005). Mais il faudrait être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas considérer qu'il a beaucoup changé ces cinq dernières années, s'encanaillant dans des univers underground. Et cette mue, on la doit sans doute à un artiste : le réalisateur David Cronenberg qui, en 2012, lui confie le premier rôle de son apocalyptique Cosmopolis, laissant voir une palette émotionnelle alors injustement insoupçonnée chez le comédien. 


Dans cette adaptation cinématographique du livre de Don DeLillo, Pattinson incarne un milliardaire-vampire bloqué dans les rues de New-York en attendant de pouvoir se faire couper les cheveux. Ses premiers fans ne cacheront pas leur déroute face à l'étrangeté du récit, de la mise en scène et de la conclusion. 


Au dernier Festival de Cannes, sa performance dans Good Time de Benny et Josh Safdie est considérée comme la meilleure depuis le début de sa carrière, à tel point que beaucoup de critiques le voient comme favori pour le prix d'interprétation masculine. Ce sera finalement Joaquin Phoenix qui l'emportera pour son rôle dans You Were Never Really Here de Lynne Ramsay. Aucune inquétude, Robert Pattinson n'a que 31 ans. Il finira bien par récolter toutes les récompenses et tous les superlatifs tant sa filmographie commence à aligner les meilleurs cinéastes en activité (Cronenberg, Herzog, Gray, Safdie bros...)

Robert Pattinson en 5 films ayant cassé son image de Twilight

  • 1"Cosmopolis" (David Cronenberg, 2011)

    Ce 20e film de David Cronenberg se révèle étrangement contemporain, presque tourné vers l'avenir. Il met en analogie la description d'un monde déliquescent et la chute d'un golden boy, cloîtré dans sa limousine, totalement imperméable au monde extérieur, ravagé par le cynisme puis par la paranoïa et la suspicion. Pattinson est à l'aise dans chaque scène et dans tous les registres, convaincant d'un bout à l'autre. 

  • 2The Rover (David Michod, 2014)

    Dans des paysages écrasés par le soleil, le duo Guy Pearce/Robert Pattinson sème la mort dans un déferlement de violence aussi esthétique que prenant. Aux côtés de Mad Max, The Rover s'inscrit ainsi dans la lignée des grandes œuvres dédiées à l'"Outback", cette étendue sans fin qui dessine comme un au-delà du western. Les deux comédiens principaux (Robert Pattinson et Guy Pearce) y sont déments.

  • 3Maps to the stars (David Cronenberg, 2014)

    A Hollywood, là où les stars font les rêves et où les rêves font les stars, se bousculent des étoiles un peu paumées. Robert Pattinson joue ici un séduisant chauffeur aspirant à la célébrité, condamné à conduire des limousines pour gagner sa vie. David Cronenberg pose une question simple (et si Hollywood disparaissait ?) et s’essaye à un genre inédit pour lui : la farce hollywoodienne ultra-grinçante, façon The Player en hardcore.

  • 4The Lost City of Z (James Gray, 2017)

    L’histoire vraie de Percival Harrison Fawcett, un des plus grands explorateurs du XXe siècle. Dans un registre taiseux, Robert Pattinson est formidable, intense, tout en donnant l’illusion de rien faire. 

  • 5Good Time (Safdie bros, 2017)

    Imaginez un film halluciné de Martin Scorsese parcouru par une bande-son électro hypnotique, électrisé par des couleurs flashy, transcendé par Robert Pattinson en braqueur habité et peroxydé. Vous obtenez Good Time, polar sous acide servi chaud par les talentueux frères Safdie, chantres du "mumblecore". Plus hype tu meurs.

Plus d'articles

Sur le même sujet