VIDEO – Romain Duris : "Le côté sombre de "Iris", ça m’a excité tout de suite !"

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INTERVIEW – Manipulateur ou manipulé ? Romain Duris passe par tous les états dans "Iris", le thriller sexy de Jalil Lespert, en salles ce mercredi. LCI.fr est allé recueillir les confidences de celui qui incarne Max, le garagiste sous le charme de la femme fatale jouée par Charlotte Le Bon.

LCI : Jalil Lespert nous a dit que vous l’aviez convaincu de jouer le personnage du banquier. Vous confirmez ?

Romain Duris : Convaincu… Au départ, lorsqu’il m’a parlé du personnage du banquier, je le voyais beaucoup plus vieux. Et puis il m’a expliqué qu’il aimait l’idée qu’il soit un peu le miroir de mon personnage, celui de Max, le garagiste. Bref qu’il fallait quelqu’un de la même génération que moi. Alors spontanément je lui ai dit ‘moi je t’aime comme acteur. Pourquoi est-ce que tu te prives de ça ? Il a réfléchi et un ou deux mois plus tard il a dit ‘j’y vais’. Je crois qu’il s’était empêché de penser à lui-même… peut-être que je lui a donné l’impulsion. En tout c’était une bonne idée ! (sourire). 


LCI : Charlotte Le Bon, elle, a un peu flippé en lisant le scénario qu’elle a trouvé très sombre. Et vous ? 

Romain Duris : Ah non, moi ça m’a excité tout de suite ! (enthousiaste). J’aimais cette espèce de manipulation, ce côté film à suspense, avec au départ une situation très simple : avec d’un côté un couple qui s’aime, la femme disparaît. Point. De l’autre un garagiste qui rencontre une femme  superbe qui va lui demander quelque chose de "bizarre". Moi j’adore ! J’ai été embarqué tout de suite dans l’histoire. Après Jalil m’a fait sous-entendre que je pouvais choisir entre les deux personnages masculins. J’ai aimé le garagiste parce que j’avais envie de travailler un côté un peu plus "brut", les mains dans le cambouis. Un type dans le concret, qui essaie de se dépatouiller avec ce qu’il a. Subvenir à ses besoins qui sont très simples et qui tout à coup va se retrouver transporté dans une histoire extraordinaire. J’aimais aussi tous les états qui le traversent, et sa volonté de résoudre une énigme qui lui échappe. 

Ça m’a plus ce côté presque silencieux, habité, tendu du début à la finRomain Duris

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Iris : Romain Duris et Charlotte Le Bon dans la bande-annonce

LCI : Si je vous dis que vous avez au naturel un côté un peu "dandy ", habile à l’oral, et que ce genre de rôle paraît loin de vous, vous êtes d’accord ?

Romain Duris : C’est marrant que vous disiez ça parce que je ne me trouve pas vraiment habile à l’oral ( songeur). C’est pour ça que j’aime bien qu’on me donne des textes. A l’inverse je me sens très à l’aise à l’idée de jouer quelque chose de très physique. Mais peut-être que je n’ai pas l’habitude de le faire au cinéma. En tout cas ça m’a plus ce côté presque silencieux, habité, tendu du début à la fin. 


LCI : Sans trop dévoiler l’intrigue, votre personnage gagne en confiance au fil du film, alors qu’il est totalement victime au départ. Ca aussi c’est plaisant à jouer ?

Romain Duris : Mais c’est plaisant d’être manipulé aussi ! (sourire) Ce que j’aime moins, c’est l’idée de subir. Et c’est vrai, c’est agréable de le voir évoluer. Ce que je n’aime pas, c’est quand un rôle est vide, totalement passif, quand il n’y a pas de lutte intérieure. Dès qu’il y a de la vie, des sentiments, c’est bon à jouer ! Le danger, c’est de se débattre pour rien. Là, le personnage a une belle trajectoire. Il vit un truc banal, et soudain il a accès à un truc extraordinaire qui est incarné par cette beauté fatale que joue Charlotte Le Bon. Elle va l’entraîner dans un univers qui le dépasse totalement.


LCI : Il y a une scène très forte, très métaphorique où Max passe par-dessus une barrière pour accéder à une soirée privée et un monde dans lequel il n’est pas invité en temps normal… 

Romain Duris : C’était génial. Il franchit une barrière physique et sociale, comme vous dites. Il se retrouve parmi des gens plus aisés que lui, ça se voit, c’est clair. Il a choppé une veste, il zone un peu, c’est un étranger mais il doit faire semblant que non. A l’intérieur, le type a envie de comprendre, raccorder les morceaux de l’intrigue et retrouver cette beauté qui l’obsède. J’adore ça !

Dernièrement je me suis dit que j’avais envie de faire un flic !Romain Duris

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Iris : l'extrait La Rançon

Votre filmographie commence à être conséquente et variée. Quel est le petit truc qui vous pousse à accepter un rôle aujourd’hui ? 

S’il y a un petit truc il ne se ressemble jamais.  C’est très personnel. Une vision que j’ai moi quand je lis une histoire, quand je vais dans l’univers d’un metteur en scène. J’y vais avec mes intuitions et mes goûts. Je me dis que ça va coller. Mais il n’y a pas de recette. Peut-être juste l’envie d’être motivé, l’envie que ça touche, que ça aille au but. Je ne parle pas en nombre d’entrées, hein ? Mais plutôt d’être fidèle l’idée qu’on se faisait du film au départ. Ca c’est très vivant en moi, plus que jamais à vrai dire. C’est pour ça que ce métier est magique. Pour moi rien n’est jamais acquis.


Vous refusez beaucoup de choses ?

Oui, beaucoup. Mais ça fait partie de ce que je viens de dire. La magie, elle n’est pas là à chaque fois. Et il faut refuser, parce qu’il y a des choses qui ne sont pas faites pour moi. Et c’est très bien comme ça. 


Et alors, quel est le genre de rôle dont vous rêvez aujourd’hui ?

(sourire). Dernièrement je me suis dit que j’avais envie de faire un flic. D’être vraiment confronté au port d’une arme. C’est drôle parce que Jalil Lespert avait joué un jeune flic dans Le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois. J’avais bien aimé son rôle, je me rappelle toujours de lui dans sa voiture de police en train de mettre le gyrophare pour accélérer dans les rues de Paris en criant "yes !". Soudain le mec réalise qu’il est policier. Ca doit être passionnant à jouer. 


Avis aux réalisateurs alors ! Pourtant il y en a des flics au cinéma et à la télé. A croire que les réalisateurs vous voient plus du mauvais côté comme dans Iris ou Un petit boulot… 

Attendez, je viens de faire un professeur (dans Madame Hyde de Serge Bozon avec Isabelle Huppert, sortie en 2017 – ndlr), donc ça va changer (rires). Et puis quand j’y pense j’aimerais aussi jouer un homme politique. 


Là on retombe du mauvais côté…

Je sais, surtout en ce moment. Mais ça me tente bien… (il réfléchit) Comme dans L’Exercice de l’Etat avec Michel Blanc. Ca doit être puissant à jouer pour un acteur vu que les hommes politiques sont clairement des acteurs. J’aimerais beaucoup. Maintenant il faut un bon scénar…

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Interview de Jalil Lespert

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