VIDÉO - "Scream", "Grave", "It Follows"... les films d'horreur qui ont marqué le Festival de Gérardmer

DirectLCI
BRRR - Le 25e Festival du cinéma fantastique de Gérardmer, présidé par Mathieu Kassovitz, s'ouvre ce mercredi soir et propose jusqu'à dimanche quarante films couvrant tous les courants du genre. En guise de préambule, voici cinq films ayant marqué la manifestation au fer rouge. Tremblez, le festival le veut.

25 éditions, 25 Grand Prix au Festival de Gérardmer parmi lesquels Créatures Célestes de Peter Jackson en 1995, Cube de Vincenzo Natali en 1999 ou encore Deux soeurs de Kim Jee-Woon en 2004. 


Cette année, le jury, présidé par Mathieu Kassovitz, acteur polyvalent, cinéaste audacieux et cinéphile exigeant, aura la lourde tâche d'attribuer le précieux sésame parmi dix longs métrages en compétition, dont quatre premiers films. 


On aura la réponse dimanche soir, lors du palmarès. En attendant de connaître le Grand Prix de 2018, retour sur cinq films ayant tous remporté un Grand Prix et ayant particulièrement marqué les précédentes éditions du festival de Gérardmer.

"Scream" (Grand Prix à Gérardmer en 1997)

De quoi ça parle ? Casey (Drew Barrymore), une belle adolescente, est seule dans la maison familiale. Elle s'apprête à regarder un film d'horreur, mais le téléphone sonne. Au bout du fil, un serial killer la malmène, et la force à jouer à un jeu terrible : si elle répond mal à ses questions portant sur les films d'horreur, celui-ci tuera son copain. Sidney Prescott (Neve Campbell) sait qu'elle est l'une des victimes potentielles du tueur de Woodsboro. 


Pourquoi ça fait (toujours) peur : A la fin des années 90, Wes Craven, réalisateur de Freddy, les griffes de la nuit, mettaient les amoureux du film d'horreur dans tous leurs états, en racontant comment les personnages de Scream devenaient prisonniers des films d’horreur qu’ils regardaient. Certains y ont vu du cynisme, d'autres une nouvelle manière de se faire très peur. Pris au premier degré, le film a massivement relancé l’attraction du slasher développé à travers des déclinaisons teenage allant de Souviens-toi l’été dernier à Urban Legend. A la clé, une séquence d’ouverture inoubliable d'angoisse avec Drew Barrymore.

"Dark Water" (Grand Prix à Gérardmer en 2003)

De quoi ça parle ?  Une mère célibataire, sans emploi, déploie des efforts surhumains pour s'occuper de sa petite fille de six ans. Elle décide ainsi d'emménager dans un appartement plus grand afin d'améliorer son quotidien. Mais une fois sur place, les lieux se révèlent insalubres : des bruits étranges retentissent à l'étage supérieur. Puis, du plafond, commence à tomber de l'eau, qui, lentement, envahit le domicile. Chaque goutte devient alors une bombe destinée à faire voler en éclats cette vie fragile...


Pourquoi ça fait (toujours) peur : Le souvenir de Dark Water scintille encore dans nos têtes. Peut-être parce que ce film, effrayant et en même temps très doux, constituait un merveilleux exemple de "peur par infiltration". C'est surtout plus flippant que le déjà flippant Ring (1997), également adapté d'un roman de Koji Suzuki. Ici, une tâche d'humidité au plafond en forme d'utérus annonce la chute des eaux : la naissance d'un monstre effrayant. On en tremble encore.

"Morse" (Grand Prix à Gérardmer en 2009)

De quoi ça parle ? Oskar est un adolescent fragile et marginal, totalement livré à lui-même et martyrisé par les garçons de sa classe. Pour tromper son ennui, il se réfugie au fond de la cour enneigée de son immeuble, et imagine des scènes de vengeance. Quand Eli s'installe avec son père sur le même pallier que lui, Oskar trouve enfin quelqu'un avec qui se lier d'amitié. Seulement, voilà, Eli est un vampire...


Pourquoi ça fait (toujours) peur : Il suffit de quelques plans (des flocons de neige qui illuminent une banlieue paumée de Stockholm, des rues désertes, des meurtres en plein air, les paroles atrophiées d'un garçon ou la première apparition fugitive d'une fille comme en lévitation) ; et c'est l'électrochoc. Ce film, on le soupçonne vite, ne sera pas comme les autres. Une nouvelle forme d’obscurité profonde se déploie devant nous, sans balise ni rien (ce qui peut dérouter), il suffit juste de fondre. Morse prend les atours d'un conte initiatique sur toutes les formes de peurs avec sa nuit noire, son atmosphère de purgatoire tout blanc, sa nature inquiétante, ses routes désertes à emprunter, ses tunnels à traverser. Et, sur ce territoire, plane une menace redoutée et attendue : un mystère, une force animale, une présence qui fait très peur. Celle d'un "enfant vampire", improbable dans cet havre d'ennui, qui a 12 ans depuis une éternité.

"It Follows" (Grand Prix à Gérardmer en 2015)

De quoi ça parle ? Jay a 19 ans. L'été se termine. Les amis sont là. Tout serait parfait sans cette menace sexuellement transmissible réduisant les adolescents en cadavres exquis. 


Pourquoi ça fait (toujours) peur : Dès l'introduction, c'est le choc. On est quelque part entre la malédiction de Ring et l'angoisse suburbaine de Halloween, la nuit des masques. Ainsi, des adolescents comme les autres sont poursuivis par des "monstres invisibles" : ils sont seuls à les voir, donc isolés avec leurs visions horrifiantes, et personne ne peut les arrêter. Ces "monstres invisibles" foncent en direction de leurs victimes à une allure de zombies, capables d'instiller la paranoïa comme de faire d'un corps disloqué une sculpture surréaliste. Une évidence devant ce film : l'angoisse n'a pas été aussi bonne depuis très longtemps.

"Grave" (Grand Prix à Gérardmer en 2017)

De quoi ça parle ? Il était une fois... l'histoire de Justine, fille de vétérinaires, végétarienne comme toute sa famille. Alors qu'elle intègre à 16 ans l'école de "véto" où sa sœur est déjà étudiante, commence un bizutage musclé, au cours duquel on oblige Justine à manger un rein de lapin cru. Désormais irrésistiblement attirée par la viande, Justine découvre que son nouveau penchant va bien au-delà de la chair animale, et qu'il s'agit plutôt d'un goût pour la chair humain.


Pourquoi ça fait (toujours) peur : Un film français qui file les jetons, c'est très rare. La réalisatrice de Grave, Julia Ducournau, ancienne étudiante de la Fémis qui a bien révisé son David Cronenberg illustré, sonde dans ce coup d'essai la découverte du corps en mutation à travers les sempiternelles conventions du genre horrifique et la propension à la surenchère. Ce que raconte au fond Grave, au-delà des thématiques (le dérèglement intérieur comme l'affirmation de soi) et ce qui relie incidemment tous ces films, c'est le beau bizarre. Le romantisme étincelant qui émane lorsque l'on gratte le vernis gore. D'où les nombreux malaises au moment du visionnage du film...

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter