VIDÉO - "Scream", le film d'horreur qui a terrifié les ados dans les années 90

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DEAUVILLE 2017 - A l'occasion du 43e Festival du Cinéma Américain de Deauville, qui s'ouvre ce vendredi jusqu'au 10 septembre, retour sur un classique du cinéma indépendant devenu archi-culte. Soit le redoutablement efficace "Scream" de Wes Craven, présenté justement à ce festival en 1996.

Vous vous souvenez de Casey (Drew Barrymore), cette jolie blonde seule dans la maison familiale, sur le point de regarder un film d'horreur? Bien sûr que vous vous souvenez d'elle. Et, NON, elle n'aurait JAMAIS dû répondre au téléphone. Au bout du fil, un serial killer qui la malmène, et la force à jouer à un jeu terrible : si elle répond mal à ses questions portant sur les films d'horreur, celui-ci tuera son copain. De son côté, Sidney Prescott (Neve Campbell) sait qu'elle est aussi l'une des victimes potentielles du tueur de Woodsboro. 

Mais entre Billy (Skeet Ulrich), son petit ami, sa meilleure amie Tatum (Rose McGowan) et son frère Dewey (David Arquette), ses copains de classe Stuart et Randy, la journaliste arriviste Gale Weathers (Courtney Cox) et son caméraman Kenny qui traînent tout le temps dans les parages et son père toujours absent, qui se cache derrière le masque du tueur? 

A la fin des années 90, Wes Craven, réalisateur de Freddy, les griffes de la nuit, s’amusait du scénario écrit par Kevin Williamson. Il y voyait une petite provocation, se disant que l’ancienne génération de fans du genre serait un peu choquée de voir ce maître de l’angoisse cracher dans la soupe et que la nouvelle, qui ne connaissait pas encore les classiques, prendrait cet exercice comme un pur film d’horreur, les yeux révulsés par la séquence d’ouverture avec Drew Barrymore - aussi atroce que parodique.

Les personnages de Scream devenaient prisonniers des films d’horreur qu’ils regardaient de manière intempestive. Mais à force de se croire dans un film d’horreur, ils finissaient par en devenir les héros. Le paradoxe veut que le film ait majoritairement été compris au premier degré. Presque involontairement, il a massivement relancé l’attraction du slasher  (ndlr : sous-genre du film d'horreur où le meurtrier élimine un à un les personnages de l’histoire), développé par la suite à travers des déclinaisons teenage allant de Souviens-toi l’été dernier à Urban Legend

Scream est devenu une tétralogie et, dans nos souvenirs, Scream 4, réalisé en 2011, était plutôt une bonne surprise. Il renvoyait par sa facture aux années 90, convoquait les stars éteintes (Courtney Cox, Neve Campbell et David Arquette), réunissait à nouveau le réalisateur Wes Craven et le scénariste d’origine Kevin Williamson pour édifier un simple constat : en 2011, les films de Wes Craven étaient dépassés par une génération 2.0 avide de reconnaissance, plus rapide et instinctive qu’eux.


En 1996, à l’époque du premier Scream, les réseaux sociaux n’existaient pas. Et les ados ne faisaient pas de critiques sur leurs blogs, voulaient ressembler aux héros tourmentés de la série Dawson, se perdaient dans les vidéo-club spour ressusciter de vieux films d’horreur oubliés en VHS. Quinze ans après, au moment de la sortie de Scream 4, tout avait changé. Les personnages de Scream, non. Ils étaient restés les mêmes. 

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