Vincent Cassel : l’acteur de "La Haine" et de "Mesrine" fête ses 50 ans

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JOYEUX ANNIVERSAIRE. De "La Haine" à "Irréversible" en passant par "Mesrine", Vincent Cassel a su s’imposer comme l’un des plus grands acteurs français de sa génération. Dernièrement à l’affiche de "Juste la fin du monde" de Xavier Dolan, il fête ses 50 ans.

Un jeune homme sauvage a marqué les mémoires, le crâne rasé, l'œil furieux, invectivant un miroir, à la manière de Robert De Niro, dans La Haine de Mathieu Kassovitz. Une énergie brute émanait de celui qui fête désormais ses 50 ans. Du temps a passé, du (très) bon cinéma aussi.


Juste après La Haine, qui fera l'effet d'une déflagration dans le cinéma français, Vincent Cassel allait participer à un renouveau, se montrer sous différents jours, affirmer sa singulière présence, qu'il soit charmant (dans l'Appartement où il rencontre celle qui deviendra son épouse, Monica Bellucci) ou élégant (dans Ocean's twelve). 


Cassel a souvent pris le risque de la nouveauté (dans Irréversible de Gaspar Noé ou encore en héros borderline chez Jan Kounen, tueur charismatique dans Dobermann ou cowboy mystique dans Blueberry : l'expérience secrète). Souvent, il a abordé des rivages inédits et assez proches de sa culture hétéroclite, maintenant une grande intégrité dans ses choix comme dans Le Pacte des loups de Christophe Gans. 

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Juste la fin du monde de Xavier Dolan : bande-annonce

Il y a eu une émergence assez dingue de talents aux quatre coins du monde ces dix dernières années. Des cinéastes viscéraux avec lesquels j'ai envie de travailler.Vincent Cassel

Ceux qui ont attentivement suivi sa carrière le savent. Vincent Cassel n'a jamais caché sa fascination pour les cinéastes viscéraux (Irréversible de Gaspar Noé, A Dangerous Method de David Cronenberg, Sur mes lèvres de Jacques Audiard...). Il fonctionne beaucoup à l'instinct et ne regrette rien, pas même les rendez-vous manqués - il était initialement prévu pour jouer le héros dans Only God Forgives de Nicolas Winding Refn, finalement incarné par Ryan Gosling. 


En interview, il nous confiait au moment de la sortie du Black Swan de Darren Aronofsky : "Je suis attiré par ces cinéastes, parce qu'ils ont une vision et vous emmènent dans leur univers. Quand on est entre les mains de réalisateurs comme eux, c'est plus facile qu'entre les mains d'un manche. En tant qu'acteur, je ne cherche pas forcément le défi. Je me retrouve dans des situations où, à chaque fois, il y a quelque chose à défendre. Ce qui m'intéresse, c'est comment je vais y arriver. Il y a eu une émergence assez dingue de talents aux quatre coins du monde ces dix dernières années. Des cinéastes viscéraux avec lesquels j'ai envie de travailler. Steve McQueen par exemple me bluffe. Sur deux films (Hunger et Shame), il se pose déjà comme un grand et vrai metteur en scène."

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Privilégiant les rôles sombres et ambigus (dans Sur mes lèvres de Jacques Audiard ou les Promesses de l'ombre de David Cronenberg), Vincent Cassel a souvent mis son instinct au service de héros complexes. Pour sa performance dans le diptyque consacré à Mesrine par Jean-François Richet, qui lui a valu un César du meilleur acteur, il a su épouser le destin d'un personnage controversé. 


Cassel, plus que jamais, impose son charisme et son charme singulier, alliance d'extrêmes contradictions, capable à chaque film de se remettre en cause et d'ajouter une corde à un arc de jeu déjà très bien fourni : "En étant totalement honnête, la pire chose qui puisse m’arriver, c’est que je sois ridicule", confessait-il. "C’est vrai que pour un acteur, ce n’est jamais très agréable. En même temps, c’est là que la prise de risque se situe pour un acteur. Très souvent, il y a une fine frontière entre ce qui est ridicule et pas, puis si tu tiens et que tu arrives à passer cette frontière, tu peux tout d’un coup faire quelque chose de radicalement différent. Ça commence à devenir vraiment intéressant si tu arrives à aller au-delà de cette dimension."


Vincent Cassel est actuellement en plein tournage à Tahiti. C'est son prochain défi: incarner le peintre Paul Gauguin. Encore un rôle inédit qui promet d'être surprenant. Une manière de répondre à cette célèbre phrase de Kubrick: "Etonnez-nous!"

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