"Warcraft : le commencement" : du jeu vidéo au nanar, il n’y a qu’un pas !

"Warcraft : le commencement" : du jeu vidéo au nanar, il n’y a qu’un pas !

CINÉMA
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CRITIQUE – 100 millions de gamers l’attendaient. Duncan Jones l’a fait. Ce mercredi déboule sur les écrans "Warcraft : le commencement", adaptation de la célèbre série de jeux vidéo conçue par Blizzard Entertainment. Hélas, ce (supposé) divertissement à fort budget brise plus les rétines qu’il ne les fait briller. Explications.

Après Silent HillPrince of Persia ou Hitman, Hollywood continue à éplucher méticuleusement l’interminable liste des jeux vidéo bankables. Parmi eux : Warcraft et ses millions d’adeptes à travers le globe. Annoncé en 2009, le projet d’adaptation de ce jeu de stratégie en temps réel devait au préalable passer entre les mains expertes de Sam Raimi avant que Duncan Jones ne s’en empare en 2013.

Un soulagement pour les fans : le cinéaste britannique ayant prouvé par deux fois (Moon et Source Code) que la science-fiction pouvait compter sur lui. Il n’y avait a priori pas de souci à se faire, l’intéressé étant de surcroît un gamer invétéré. Seulement voilà : si les aficionados de la première heure prendront un certain plaisir à retrouver les héros de leur passe-temps favori, le néophyte fera la moue.

Orcs vs. Humains

En cause ? Une avalanche de noms biscornus, de lieux, de décors, de clins d’œil… Toute une mythologie, foisonnante et dense, à digérer en à peine deux petites heures, ça brûle l’œsophage ! En étant prosaïque, on dira que le pitch tient au bout du compte sur le recto d’un timbre-poste : dans un monde imaginaire médiéval-fantastique, un paisible royaume d’humains se fait envahir par des Orcs furieux et prognathes.

Warcraft : le commencement  s’oriente ainsi invariablement vers un conflit final tout aussi laid visuellement que le déroulé des péripéties qui le provoquent. Pourtant roi des effets spéciaux, Bill Westenhofer (L’odyssée de Pi) et ses équipes échouent là à rendre les personnages plaisants au regard. Les moyens déployés -160 millions de dollars de budget- sont ainsi noyés dans une tambouille graphique où se débattent sans conviction quelques (apprentis) comédiens.

Bruyant, interminable et trivial, le résultat lassera probablement celui qui n’a pas pratiqué le jeu vidéo. Trop hermétique, il fait davantage penser à une espèce d’énorme fête-démo au cœur de laquelle les novices chercheront en vain un repère, entre deux combats illisibles et des dialogues insipides. A moins d’avoir un glossaire à portée de main, pas sûr en effet que le spectateur lambda trippe autant que le féru. 

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