"Whiplash" : comment un court-métrage est devenu un grand film

"Whiplash" : comment un court-métrage est devenu un grand film

CONSECRATION – Pas même entré dans la trentaine, voilà que Damien Chazelle connait une success story méritée grâce à son second film "Whiplash", en salles le 24 décembre. Après son sacre à Sundance, ce long métrage musical a remporté le Grand Prix du Jury et le Prix du Public au Festival de Deauville.

Sundance, la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes et maintenant Deauville. Les accueils chaleureux se suivent et se ressemblent pour l’excellent Whiplash de Damien Chazelle. Une œuvre enthousiasmante qui sera d'abord un court-métrage de 18 minutes, destiné à séduire les producteurs. Nous sommes en 2012 et le script du jeune cinéaste figure sur la "Black List" des meilleurs scénarios non financés par Hollywood. Deux ans plus tard, la version longue enchaine les triomphes. "Franchement, je n’aurais jamais imaginé que le film soit aussi bien reçu", confie le cinéaste de 29 ans dans la langue de Molière (son père et la moitié de sa famille sont français, ndlr). Je ne pensais pas qu’il allait autant marcher sur les non musiciens".
 
Basé sur l’expérience personnelle de son auteur, lui-même batteur, Whiplash propulse le spectateur avec humour et causticité dans les ténèbres du tempo, son jeune héros devant faire face à un professeur autocratique. Là où les instruments s’apparentent à des armes à feu qui conduisent tout droit au pandémonium. "Beaucoup de films parlent de la joie que procure la musique et c’est important, souligne Chazelle. Mais pour moi, elle représentait avant tout la peur, l’angoisse, la souffrance, les larmes, la sueur, les oreilles qui sonnent, les bras qui s’épuisent, les cauchemars… La question posée est la suivante : cela vaut-il la peine de souffrir à ce point pour cinq minutes de gloire ?"

Sur la route des Oscars ?

 
Afin de donner vie à son parcours, le réalisateur a jeté son dévolu sur le jeune Miles Teller, une des étoiles montantes du cinéma américain. "Tomber sur lui, c’est comme gagner à la loterie puisqu’il savait jouer de la batterie, avoue l’intéressé. Cela dit, il a fallu trois semaines pour qu’il s’initie au jazz. Il s’y est mis à fond, avec engagement. Les derniers jours de tournage, je me souviens qu’il regardé ses mains après le grand solo et qu’il était trop fier de les avoir faites saigner (rires)".
 
Encensé par la critique US qui lui promet un bel avenir aux Oscars, Whiplash a remporté samedi soir le Grand Prix du jury à Deauville , présidé pour sa 40ème édition par Costa-Gavras, ainsi que le Prix du Public. Une unanimité qui n’a rien de surprenant au regard des quinze minutes de standing ovation dont il a bénéficié après sa projection. Prochaine étape ? "Miles et moi allons rempiler, lance Chazelle, tout sourire. Je prépare une comédie musicale qui célèbrera cette fois le plaisir de la musique". On tape déjà des mains !
 

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