"Wrong Cops" : la police comme vous ne l'avez jamais vue

"Wrong Cops" : la police comme vous ne l'avez jamais vue

DirectLCI
CRITIQUE - Après "Steak", "Rubber" et "Wrong", l'incorrigible et barré Quentin Dupieux réinvestit le champ de l'absurde avec "Wrong Cops". En salles ce mercredi, le long métrage brosse le portrait d'une police pas du tout comme les autres.

Avez-vous déjà vu un policier dealer de la drogue avec un enfant ? Et mettre la came dans des rats morts ? Avez-vous déjà aperçu de près ou de loin une voiture de flicaille garée, sans passagers, avec de la musique électronique qui en sort à donf ? Forcément, non. Et pourtant, c’est ainsi que se comportent les Wrong Cops de Quentin Dupieux, cinéaste hipster et parfaitement barré à qui l’on doit trois bizarreries pas inintéressantes répondant aux noms de Steack, Rubber et Wrong.

Comme à son habitude, le metteur en scène allie ses plans ultra soignés à une intrigue sans tête ni queue (ni corps d’ailleurs), prétexte à une invraisemblable succession de sketchs absurdes. Pour le servir, il dispose d'un casting de qualité, qu'il dirige avec une véritable maestria. On retiendra notamment les prestations de l’inénarrable Mark Burnham et d'Eric Judor, dans un contre-emploi savoureux. Ils campent des personnages nonchalants, plongés dans une enquête incompréhensible pour eux comme pour le spectateur.

Electron libre

Si Quentin Dupieux réussit à provoquer quelques rires ici-et-là (le passage du flic qui pointe son flingue vers une jeune femme pour voir ses seins est un must), son entreprise se révèle hélas bien trop paresseuse et poseuse pour emporter l’adhésion. Un constat d'autant plus irritant que l'intéressé semble préférer sacrifier son talent sur l’autel d’histoires au taux d’étrangeté radioactif. On ne peut néanmoins que saluer son audace et surtout son style clivant, qu'il assume le menton haut et peaufine de film en film. Electron libre jusqu'au bout.
 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter