Achat de produits français : enseignes et consommateurs continuent-ils de jouer le jeu ?

Achat de produits français : enseignes et consommateurs continuent-ils de jouer le jeu ?
Mon argent

REPORTAGE - Distributeurs et consommateurs s’étaient engagés à privilégier les produits "made in France" pour soutenir les producteurs français. Mais depuis le déconfinement, ces bonnes résolutions ont-elle perduré ? Une équipe de TF1 s’est rendue dans un hypermarché à Beauvais, dans l’Oise, pour en avoir en cœur net.

Pendant la crise sanitaire, la grande distribution a largement communiqué autour de son soutien aux producteurs locaux, mettant en avant les circuits courts. Qu'en est-il réellement aujourd'hui, presque deux mois après le déconfinement général de la population ?  Pour le vérifier, les Jeunes agriculteurs de l'Oise ont lancé des opérations de contrôle dans les supermarchés de leur département. Suivis par TF1, ils se sont rendus dans un magasin de l’enseigne Auchan, à Beauvais (Oise). 

Premier constat, une fois sur place : au rayon fruits et légumes, les produits français figurent en bonne place. Les tomates, par exemple, sont à 99% françaises. Seules quelques variétés, comme des tomates cerises en provenance du Maroc, trônent sur l’étalage. "Nous sommes satisfaits puisque, pour les produits de saison, le Français est bien représenté", se félicite Gwénaëlle Desrumaux, présidente des Jeunes agriculteurs de l’Oise. Du côté des premiers prix, à moins d’un euros le kilo et sans grande surprise, les tomates viennent de Pologne. "On met quand même en avant le prix avant le Français", regrette la jeune femme.

Lire aussi

Au rayon "bio", en revanche, la moitié de l’étal est composée de produits importés. "La Picardie, c’est la région de la pomme de terre et là on se trouve avec des pommes de terre bio qui viennent d’Espagne. C’est absurde", déplore un agriculteur qui participe à l’opération. Un plus loin, du côté des viandes, l’appellation "origine France" est bien martelée partout. Mais pour une éleveuse, c'est le prix qui cloche. "J’ai fait partir des vaches il y a quinze jours à l’abattoir, et  j’ai été payée 2,50 euros du kilo. Aujourd’hui, quelqu’un qui achète ce morceau de viande, il le paye 15,95 euros", déplore-t-elle.

Entre une fraise française et espagnole, j’opterai plus pour l’espagnole, parce qu’elle est un peu moins chère.- Un client croisé dans les rayons de l'hypermarché.

Toute l'info sur

Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

De manière générale, les produits "made in France" sont souvent plus chers à la vente. Un effort financier que tous les consommateurs ne sont pas en mesure de faire . "Entre une fraise française et espagnole, j’opterai plus pour l’espagnole, parce qu’elle est un peu moins chère", admet un client. Un argument que fait valoir la grande distribution pour justifier la présence de produits importés dans les rayons. "Le client fait attention à ce qu’il met dans son chariot. Il a un budget restreint et donc il en faut pour toutes les bourses", explique Stéphanie Demestre, directrice hypermarché chez Auchan Retail France.

Résultat : même si en magasin, les produits français sont toujours mis en avant, de nombreux producteurs ont vu les commandes de la grande distribution chuter depuis la fin du confinement. "Pourquoi nous abandonne-t-on maintenant alors que tout le monde a été très content de nous trouver ? Et nous aussi d’ailleurs,, nous étions contents de retrouver les gens", se désole Anaïs Lucien, éleveuse de vaches laitières dans l’Oise. A la ferme aussi, la vente directe, très plébiscitée pendant le confinement, a largement diminué. Au total, cette éleveuse dit avoir perdu un tiers de ses ventes en l’espace d’un mois.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent