Vers une hausse des tarifs des mutuelles après la réforme du reste à charge zéro

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MUTUELLES – Soins optiques, dentaires et auditifs : grâce au reste à charge zéro, ces dépenses seront bientôt remboursées à 100%. Mais selon une étude que LCI a pu consulter, une hausse des tarifs des complémentaires santé est toutefois à prévoir. Elle serait notamment subie de plein fouet par les retraités. Le gouvernement réaffirme pour sa part que les prix des mutuelles n'augmenteront pas.

Bénéficier d’une prise en charge totale sur les lunettes et les prothèses dentaires et auditives. Tel est l’objectif de la réforme du reste à charge zéro chère à Emmanuel Macron. Et alors que cette réforme est examinée par l’Assemblée nationale à partir de ce mardi, une étude de Santiane (cabinet de conseil en assurance santé), que LCI a pu consulter (voir vidéo ci-dessus), confirme les craintes évoquées jusqu’alors. Car contrairement aux promesses du Président, la réforme engendrera bien une hausse des tarifs des complémentaires santé. 


"Nous estimons que la mesure entraînera une hausse moyenne des assurances santé de 7% sur trois ans, soit un peu plus de 2% par an", précise sur LCI, Pierre-Alain de Malleray, PDG de Santiane. Par ailleurs, "les mutuelles augmentent leurs tarifs tous les ans depuis 30 ans. Ces hausses viendront s'ajouter à une augmentation annuelle moyenne de l'assurance santé de l'ordre de 2% (pour celles souscrites individuellement). Mais il faut bien avoir en tête que ce n'est pas en pure perte. Cela viendra financer un accès aux soins qui supprimera totalement les barrières financières pour acheter des lunettes, obtenir des soins prothétiques ou des soins audiologiques". 

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"Cette augmentation viendra financer un accès aux soins qui supprimera totalement les barrières financières"

Selon cette étude  portant sur un échantillon de 100.000 assurés, les retraités seront les premiers impactés. Pour eux, la hausse de cotisation serait de 9,3% en moyenne. Ce qui représenterait 8 euros de plus par mois par personne. Les moins de 60 ans seraient aussi affectés mais dans une moindre mesure : dans leur cas, l'augmentation moyenne serait de 2,5%. Autrement dit, pour une famille avec deux enfants qui paye 140 euros par mois, l’augmentation mensuelle sera de 3,50 euros. Mais pour un couple de retraités qui s’acquitte aujourd’hui de 170 euros par mois, la hausse mensuelle sera de 16 euros. Soit une augmentation de 192 euros par an.

"Ces possibles augmentations dépendront du comportement futur des assurés", tempère cependant Christophe Triquet, président du comparateur Meilleureassurance, contacté par LCI. "A date, il est difficile d'effectuer des projections sans connaître le taux d'utilisation du futur 'reste à charge zéro'. Le gouvernement estime que 25% des assurés pourraient y recourir mais certains spécialistes du secteur tablent plutôt sur 10%. Par exemple, pour l'optique, les taux d'équipement sont déjà élevés et les assurés utilisent rarement les produits low cost pourtant déjà proposés. Les offres encadrées par la réforme seront plus qualitatives, il est vrai, mais on ignore encore quel succès elles auront et si les opticiens joueront bien le jeu", illustre-t-il.


Invité de LCI mardi matin, Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale, a réagi à cette étude. Le nouveau venu au gouvernement s'en tient aux engagements pris lors des discussions entre les mutuelles et l'exécutif.  "Je me fie aux engagements du gouvernement et des mutuelles à ne pas augmenter les tarifs", a-t-il dit. "Le gouvernement sera vigilant à ce que ce soit tenu", a-t-il ajouté. 

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Gabriel Attal : "Je me fie aux engagements des mutuelles"

La ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, a quant à elle rappelé dans l'après-midi qu'elle s'engageait à ce que cette réforme soit menée à bien sans augmentation des tarifs des mutuelles. 

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