Avion : pourquoi les compagnies low-cost traversent-elles mieux à la crise ?

Avion : pourquoi les compagnies low-cost traversent-elles mieux à la crise ?
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DÉCRYPTAGE - Plans sociaux, arrêts de certaines lignes... Depuis le début de l'épidémie de Covid-19, le secteur du transport aérien subit de plein fouet la crise. Mais les compagnies dites "low-cost" parviennent à tirer leur épingle du jeu et à limiter la casse. Comment font-elles ?

"Tous étaient frappés, mais tous n'étaient pas morts". Cette citation de Jean de La Fontaine pourrait s'appliquer au monde des compagnies aériennes. En France, seulement 50 % du trafic aérien a été assuré au cours de l'été. Les pertes économiques sont lourdes, mais les compagnies à bas coût semblent mieux résister à la crise que les autres. Pourquoi ? Voici quelques raisons. 

Des vols directs et des prix avantageux

Sur des lignes intérieures comme Lille-Bordeaux ou Paris-Grenoble, les compagnies low cost proposent des vols directs. Contrairement à leurs concurrents directs sur ces trajets, la SNCF et Air France, où un changement sera nécessaire, Paris dans le premier cas, Lyon dans le second. 

Un trajet Lille-Bordeaux en low cost est donc plus court et moins cher : "Au niveau prix et horaires, c'est ce qui me convient le mieux", détaille une passagère à l'aéroport de Lille. Moyennant 20 euros, elle pourra faire ce trajet sur une compagnie lowcost alors qu'en train, cela lui coûterait 51 euros pour un trajet de plus de 4h. 

Les compagnies aériennes traditionnelles, dont toute l'économie est basée sur le long-courrier sont, en revanche, à la peine. 4 millions de passagers ont voyagé avec Ryan Air en juillet dernier, une fréquentation en baisse de 70% mais tout de même bien supérieure à celle d'Air France, qui, sur tout le deuxième trimestre 2020 n'a transporté que 1,2 million de passagers contre 27,8 millions pendant la même période, l'année dernière. 

Moins de contraintes sur la masse salariale

Moins contraintes que les compagnies historiques, les low cost n'ont pas hésité à réduire la voilure et à licencier pour limiter leurs pertes. Ryanair a annoncé un plan de restructuration qui passe par la suppression de 3.000 emplois, soit 15% de ses effectifs. Même chose pour EasyJet qui a annoncé la suppression de 4500 emplois. Elles ont aussi rogné sur des dépenses non essentielles, "des contrats marketing", explique Xavier Tytelman, consultant aéronautique CGI Business Consulting. Certaines d'entre elles ont ainsi "réussi à diviser par dix, leur coût quotidien, à l'inverse de grandes compagnies qui continuent à salarier, à louer des avions", poursuit-il. 

Sur ce sujet, Eddie Wilson, Directeur général de la compagnie Ryanair résume son plan d'attaque ainsi : "nous avons réduit notre activité de 20 % en septembre-octobre pour que notre offre suive la demande des voyageurs. Et nous avons aussi réduit nos coûts pour rester compétitifs".

De leurs côtés, les compagnies historiques ont également initié des plans de restructuration drastiques : : 22.000 chez le groupe allemand Lufthansa va supprimer 22.000 postes,British Airways 12.000,  l'américain Delta Air Lines, 10.000. Air France a engagé la restructuration de Hop ! avec un plan qui prévoit la suppression de près de la moitié de ses effectifs, et de 40% de ses vols. 

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L'autre atout des compagnies lowcost : la souplesse vis à vis du marché. Elles sont capables, malgré la crise, de s'adapter rapidement au marché et même d'ouvrir de nouvelles lignes, comme c'est le cas pour la compagnie irlandaise. Ryan Air a ouvert récemment une ligne entre Grenoble et Porto, en délaissant d'autres destinations bien moins rentables. Dans le même temps, la compagnie réduit la cadence de ses vols, face à la baisse de clientèle : hors de questions pour elle de tourner à vide. 

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