Carrière : les femmes privées d’évolution

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EMPLOI – Alors que la loi Copé-Zimmermann impose aux grandes entreprises un quota de 40 % de femmes au sein de leur conseil d’administration d’ici à 2020, un grand nombre d’entre elles se heurtent au plafond de verre. Quels sont les freins à l’évolution de leur carrière et comment y faire face ?

"On sait qu’il existe globalement des écarts de salaires entre les femmes et les hommes, de 27 %, toutes professions confondues. Un chiffre qui peut même atteindre 30 % chez les populations cadres, voire 50 % si l’on intègre le calcul des bonus", affirme Rachel Silvera, économiste à l’université Paris Ouest-Nanterre-La Défense et auteure d’Un quart en moins (éditions La Découverte).

Selon elle, les femmes sont souvent pénalisées par "le soupçon de maternité" qui veut que les femmes finissent toujours par se retirer du marché du travail pour élever leurs enfants. "Au sein des entreprises, les critères d’évaluation majoritairement masculins, comme le leadership ou l’ambition, sont souvent mis en valeur au détriment de l’écoute ou de l’empathie, qui sont perçues comme des qualités mineures", affirme Dominique Maire, membre honoraire du Cercle InterElles et ex-directrice de la communication chez Air Liquide. Pour elle, les femmes sont aussi freinées par le "cumul des mandats" : elles doivent concilier leur vie professionnelle et leurs responsabilités familiales.

Manque de confiance en elles

Les femmes dirigeantes disposent néanmoins de plusieurs leviers pour contourner le plafond de verre. "Le réseau est très important, ne serait-ce que pour s’apercevoir qu’il existe des femmes qui connaissent les mêmes problèmes. C’est aussi un accélérateur pour bénéficier de l’expérience des autres", souligne Dominique Maire. Au lieu de faire de l’autocensure et de se mettre des barrières, "les femmes doivent au contraire accepter des responsabilités et profiter des opportunités de mobilité internes ou externes pour acquérir des compétences et prendre confiance en elles", estime Coralie Rachet, directrice France du cabinet Robert Walters.

Au moment où les jeunes pères issus de la génération Y commencent à revendiquer leur place, Rachel Silvera incite les femmes à prendre un congé parental mieux partagé. "Cela permettrait de gommer les différences, en répartissant mieux les temps de retrait de manière à ce que les femmes ne soient plus pénalisées", estime-t-elle. A vous de jouer !

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