Cartes prépayées : comment elles ont facilité la préparation des attentats

Cartes prépayées : comment elles ont facilité la préparation des attentats

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TERRORISME - Les cartes bancaires prépayées ont joué un rôle dans la préparation logistique des attentats. Elles permettent de régler des achats tout en gardant l'anonymat. Bercy va durcir leur encadrement. De quoi s'agit-il ? Que leur reproche ?

Elles remplacent le cash. Les cartes bancaires prépayées sont dans le collimateur de Bercy. Ce moyen de paiement "est utilisé dans l'économie souterraine, dans la criminalité organisée", assure le patron de l'organisme chargé de traquer les circuits financiers clandestins (Tracfin).

Cet outil,qui permet comme les cartes de téléphone prépayées de ne pas être tracé, aurait joué un rôle dans la préparation des attentats perpétrés vendredi 13 novembre à Paris et à Saint-Denis. Le ministre des Finances, Michel Sapin, a ainsi insisté sur la nécessité de mieux encadrer ces cartes, ce lundi 23 novembre lors de la présentation de sa série de mesures contre le financement du terrorisme. Focus.

► C'est quoi ?
La carte bancaire prépayée se présente comme une carte bancaire classique. Sauf que le nom du titulaire ne figure pas dessus. de nombreuses sociétés (parmi tant d'autres Paysafecard, Neocash, Transcash) en commercialisent. Concrètement, la carte s'achète chez le buraliste et permet de régler des achats chez tous les commerçants et de retirer du liquide dans les distributeurs de billets avec un code secret à 4 chiffres.

L'achat ou la recharge peuvent se faire en espèce, par ticket recharge (chez le buraliste ou par Internet), par carte de crédit ou encore par virement. Son coût varie le plus souvent de 10 à 50 euros par an selon les options choisies (personnalisation, chargement, consultation du compte en ligne...). Qui les achète ? Entre autres, des parents pour leurs enfants afin de leur apprendre à gérer leur argent de poche, des personnes en interdit bancaire ou encore des individus qui tiennent à la discrétion...

A noter Rien à voir avec le compte-Nickel, un vrai compte bancaire (qui ne permet pas les découverts), qui peut être souscrit dans les bureaux de tabac avec la condition sine qua non de présenter une carte d'identité.

EN SAVOIR + >> Compte-Nickel : c'est quoi  ce compte sans banque ?

► Ce qu'on lui reproche ?
Elle garantit l'anonymat de son utilisateur puisqu'aucun justificatif d'identité n'est demandé en dessous de certains plafonds. L'anonymat est actuellement la règle pour acheter une carte non-rechargeable de moins de 250 euros ou pour réapprovisionner une carte rechargeable jusqu'à 2500 euros (montant total sur l'année civile), précise Bercy. Rien n'empêche cependant de les cumuler puisque le titulaire ne dévoile pas son identité s'il respecte ces plafonds. Ainsi, dix cartes permettent de disposer de 25.000 euros sans avoir à dévoiler son identité. 

Problème, cette discrétion assurée a pu faciliter la préparation logistique des attentats. "Ces cartes prépayées sont délivrées à l'étranger, pas très loin, et utilisées sur le territoire national, pour payer des chambres d'hôtel", par exemple, explique le patron de Tracfin, Bruno Dalles, en faisant allusion aux chambres d'hôtel de banlieue parisienne où les assaillants ont dormi avant les attaques. La carte permet en effet de retirer de l'argent dans la devise du pays où l'usager se trouve même si celle-ci a été achetée ou rechargée à l'étranger.

► Ce qui va changer
Le ministère des Finances a annoncé que des dispositions seraient prises non seulement pour limiter le montant total pouvant être crédité sur la carte mais aussi pour limiter le montant des espèces versées pour charger ou recharger la carte. Même si pour l'heure les modalités du durcissement de la réglementation ne sont pas encore précisées, il est certain que leur vente sera mieux encadrée. Les changements feront l'objet d'un décret en Conseil d'Etat au premier trimestre 2016.

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