Cash-back ou comment retirer de l'argent chez votre commerçant dès ce week-end, sauf que rien n'est prêt

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ARGENT - Normalement à partir de samedi, vous devriez pouvoir retirer jusqu'à 60 euros en espèces chez certains commerçants. Mais rien n'est prêt et les discussions sont toujours en cours pour définir les modalités d'application de cette mesure qui découle d'une directive européenne. LCI a essayé d'en savoir plus et de démêler le vrai du faux.

L’entrée en vigueur de la directive européenne sur les services de paiement est bien notée dans les agendas à la date du samedi 13 janvier. Mais nous avons eu beaucoup de mal à obtenir des informations à propos de cette directive qui doit permettre aux commerçants de fournir de l’argent liquide aux clients qui le souhaitent lors des paiements par carte bancaire. Cette mesure, plus communément appelée "cash-back", permettra de retirer jusqu’à 60 euros en espèces chez les commerçants qui auront fait le choix de rendre ce service à leurs clients. Mais pas la peine d’essayer d’en profiter dès ce week-end en faisant vos courses. Rien n’est prêt.


"Nous n’avons pas d’informations précises et avons relancé Bercy pour en avoir" a prévenu Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France. Du côté de Bercy, la réponse est prudente : "L’entrée en vigueur de cette directive donnera la permission, à partir de samedi, de retirer de l’argent chez les commerçants. Mais dans les faits, le service ne sera pas disponible tout de suite" nous a-t-on avoué. 

Rien n'a été défini pour l'application de la directive

Presque tout est encore à définir. "Il reste à traiter la question du logiciel de caisse. Lorsque vous payez 40 euros et demandez 20 euros en liquide, comment doit-on comptabiliser ces 20 euros ? Car ils ne peuvent pas entrer dans le chiffre d’affaires du commerçant…. Nous devons aussi réfléchir aux équipements nécessaires, nous devons nous assurer que le cadre mis en place sera sain et ne donne pas lieu à des abus" explique-t-on à Bercy. "Il faut déterminer un cadre juridique, et désigner un ou des fournisseurs de moyens techniques." 


Le ministère n’est pas non plus capable de dire si les commerçants désireux de proposer ce service devront changer leurs caisses ou leurs terminaux de carte bancaire, ni combien cela leur coûtera. "Le commerçant devra s’équiper des moyens nécessaires mis en place pour assurer le service. Notre objectif est de rendre cela accessible au plus grand nombre. Mais cela représentera forcément un investissement pour le commerçant. Je pense que ce seront surtout les grands magasins qui proposeront ce service" explique-t-on à Bercy. "Apparemment les commerçants n’auront pas besoin de faire d’investissements supplémentaires, affirme Francis Palombi. Même s’il faudra certainement faire une mise à jour des terminaux bancaires." Les deux parties ne sont donc pas tout à fait sur la même longueur d'ondes. En conclusion : que ce soit les modalités d’application ou les éventuels coûts, rien n’est clair ou en tout cas rien n’a été tranché.

Plusieurs mois d'attente avant de pouvoir bénéficier du service

La mise en place du cash-back dans les magasins français devrait prendre encore plusieurs mois. En attendant le principe séduit commerçants et clients. "Cela va créer de la valeur ajoutée dans les commerces" se réjouit Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France, auprès de LCI. "Avec ce système, les consommateurs pourront par exemple retirer de l’argent auprès de leur boulanger et payer leur pain au chocolat en espèces plutôt qu’en CB, ce qui engendre des coûts pour les petits commerçants."

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