"C'est le moment d'acheter à Nice"

Mon argent
DirectLCI
Après une année 2014 difficile, la grande inconnue pour 2015. Pour Sabine Debusigne, membre de la chambre des notaires à Nice, le marché immobilier n’est pas encore tiré d’affaire.

L’année 2014 a-t-elle été difficile pour l’immobilier à Nice?

Nous sommes restés sur la même ligne que 2013, qui avait été mauvaise. C’est le reflet du moral des Français. Le marché est très particulier: on voit des pics avec des hauts et des bas. On peut très bien signer 10 compromis en une semaine et puis, après, il ne se passe plus rien pendant un moment.

Comment se caractérise le marché?

Il y a traditionnellement moins de mouvements dans la région niçoise, car c’est un marché avec beaucoup de retraités et d’étrangers. On constate que la progression de la nouvelle clientèle bourgeoise russe est stoppée depuis la crise ukrainienne. D’une manière générale, il y a moins de flux, les gens vendent, achètent "seulement" en cas de naissance, de divorce ou de décès.

Pourtant, les prix ont baissé et il y a des bonnes affaires…

Oui, particulièrement en 2013. C’était encore vrai en 2014, avec une diminution des prix de l’ordre de 10%. Je conseille à ceux qui peuvent acheter cash de le faire, car c’est le bon moment. En dehors de Nice, on trouve des villas à 300.000 euros. Il y a longtemps que cela n’était pas arrivé. Des secteurs marchent un peu mieux comme Nice-Ouest. Le long de la future ligne 2 du tram, certains spéculent sur l’avenir, d’autres ont peur des nuisances mais les immeubles ne perdent pas en valeur.

Qu’est-ce qui bloque alors?

Il y a trop d’instabilité dans les choix politiques économiques et pas assez d’incitation fiscale sauf pour les terrains à bâtir [abattement exceptionnel de 30% pour déterminer l’assiette nette imposable à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, ndlr]. Mais cette dernière disposition n’impacte pas les ventes pour autant. Aujourd’hui on est super fiscalisés. Rien qu’en matière d’investissement locatif, par exemple, il faut voir ce qu’on paie sur les revenus fonciers! Il est quasi impossible de faire des bénéfices.

En 2015, les choses peuvent-elles s’améliorer?

Avant, lorsqu’il y avait une crise dans l’immobilier, on savait qu’à un moment ou un autre on verrait la sortie du tunnel. Là, c’est très difficile à dire. Les gens font des économies sur tout, quelle que soit leur catégorie sociale. En revanche, je suis sûre que les Français ont de l’argent. Il suffirait de pas grand-chose pour que l’immobilier reparte.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter