VIDÉO - Vous n'osez pas parler argent pendant un entretien d'embauche ? Nos conseils pour vous lancer

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TABOU - C'est une question essentielle que l'on n'ose pas toujours poser. La rémunération doit pourtant être abordée lors d'un entretien d'embauche, au risque de ne pas être payé à sa juste valeur une fois enrôlé. Voici les conseils d'un cabinet de recrutement pour mener la danse sans stresser outre mesure.

Essentielle mais sensible, la question de la rémunération met souvent mal à l'aise au cours d'un entretien d'embauche. Qui du recruteur ou du candidat doit en parler en premier ? Comment formuler la question ? Et jusqu'où pousser ses prétentions salariales ? LCI a contacté un cabinet de recrutement pour recueillir ses recommandations. 


Hubert Levesque, directeur général de Morgan McKinley, confirme sans l'ombre d'un doute que "la rémunération est un point clé à aborder en entretien" sans pour autant cacher que "c'est aussi tout un art". Certes pas facile, mais pas de raison pour autant d'éluder le sujet. Car oser en parler "montre aussi que vous avez préparé l'échange et que vous connaissez votre valeur ajoutée", insiste Thomas Drischel, consultant dans ce cabinet. Tous deux nous donnent leurs bons conseils pour s'emparer habilement du sujet. 

Soyez précis (listez les différents éléments de rémunération)

Ne restez pas dans les approximations, listez précisément les montants, en brut annuel, des différents éléments de rémunération que vous touchiez jusqu'à présent. Distinguez, s'il y a lieu, le fixe (le salaire), le variable (primes et bonus), les avantages (véhicule, logement, stock options), l'intéressement et la participation notamment. 


Si vous pensez être mal payé dans le poste que vous quittez, soyez cohérent et transparent. Vous joueriez avec le feu à vouloir gonfler votre ancien salaire car vous n'êtes pas à l'abri que le recruteur vous demande un bulletin de paie ou qu'il mène son enquête. Il est néanmoins tout à fait envisageable de mentionner que vous estimez être au-dessous du prix du marché. Lorsque vous exprimerez vos attentes, il sera alors compréhensible que vous attendiez 20% de plus, par exemple, alors que l'écart est généralement plutôt de 12 à 15%. Dans le contexte actuel, en tout cas, changer d'entreprise pour une hausse moindre n'est pas forcément judicieux. 

Quoiqu'il en soit, laissez la porte ouverte à la discussion sans exiger un niveau de rémunération arrêté d'avance.  C'est généralement quand le poste à une forte composante commerciale, que la marge de négociation est la plus importante. Vous montrer trop gourmand serait toutefois contre-productif.  

Amenez la question (si elle ne vous est pas posée avant...)

Pour aborder la fameuse question de la rémunération, deux possibilités :


• Soit votre interlocuteur s'en charge (c'est très souvent le cas en cabinet de recrutement). Vous n'avez alors qu'à répondre en énumérant les éléments de rémunération (comme conseillé ci-dessus) avec suffisamment d’aplomb. S'il vous questionne sur vos attentes, sachez qu'annoncer 20% d'écart permet de négocier à 15% potentiellement. Charge à vous alors de démontrer votre valeur à travers l'entretien. 


• Soit votre interlocuteur ne pose pas la question. Si vous échangez avec un opérationnel (ce qui n'est pas rare au début d'un processus de recrutement), il n'est pas nécessaire de parler de la rémunération à ce stade. En revanche, si vous rencontrez quelqu'un des ressources humaines en premier, il serait surprenant qu'il ne prenne pas cette initiative. Dans ce dernier cas, il est toujours possible d'évoquer la chose en fin d'échange, une fois que toutes les questions sur le poste, le contexte, l'enjeu, les difficultés potentielles, ont été posées. Il convient alors d'utiliser des formules ouvertes pour ne rien brusquer.


Exemples : 

- "Avez-vous une idée de la rémunération prévue pour ce poste ?"

- "Savez-vous comment est articulée la rémunération sur ce poste ?"

- "Quelle est la pratique en matière de bonus au sein de votre entreprise ?"

Ne vous précipitez pas (donnez-vous 24 heures pour répondre)

Si on vous fait une proposition orale, que ce soit en fin d'entretien ou par téléphone, ne vous sentez jamais obligé de répondre tout de suite. Laissez-vous le temps de réfléchir, de vous poser, de calculer. Cela passera toujours mieux que de répondre favorablement dans la précipitation. Puis de revenir sur votre réponse en expliquant avoir mal compris.


 Vous pouvez par exemple répondre de façon absolument courtoise en formulant ce genre de phrase : "Merci beaucoup pour ces éléments. Je suis très touché que vous souhaitiez m'intégrer dans vos équipes. Laissez-moi 24 heures et je reviens vers vous". Un laps de temps éventuellement utile pour en parler avec un conjoint, surtout si le poste implique d'importants changements. 

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