Permis de conduire : les départements où vous paierez le plus et le moins cher

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AUTO-ÉCOLE - UFC-Que choisir a passé au crible les pratiques des auto-écoles françaises. Conclusion, leurs prix varient fortement selon les territoires et certaines ne respectent pas les règles. L'association de consommateurs appelle donc à une réforme du secteur.

A la question "combien coûte le permis de conduire ?", la réponse peut être radicalement différente selon les 82 départements étudiés par UFC-Que choisir. Comme le révèle une enquête de l'association publiée ce mercredi,  l'écart peut même atteindre les 700 euros. Un habitant du Territoire de Belfort, où les meilleurs tarifs sont pratiqués, paiera ainsi en moyenne 1.468 euros pour l'obtenir, tandis qu'un Parisien devra débourser 2.140 euros, ce qui représente 45,8% de plus. Le prix moyen est quant à lui lui établi à 1.804 euros. 


Parmi les "mauvais élèves", il y a donc Paris, suivi de la Haute-Savoie (2.129 euros) et des Yvelines (2.104 euros). A l'inverse, derrière le Territoire de Belfort , arrivent le Nord (1.484 euros) et la Nouvelle-Calédonie (1.551 euros). Plus globalement, l'association constate "une forte représentation des départements franciliens" dans le classement des plus chers, avec six d'entre-eux dans le top dix (Yvelines, Hauts-de-Seine,  Essonne, Seine-et-Marne, Val-d'Oise et Paris), alors que les régions du nord et du sud sont globalement les moins chères en France.

Une concurrence inégale selon les départements

Selon UFC-Que choisir, un début d'explication pourrait se trouver au niveau des coûts immobiliers, salariaux et de la gestion  des parcs automobiles, variables selon les territoires. Mais cette hypothèse a ses limites, dans la mesure où certains écarts importants sont aussi constatés dans des départements voisins.  C'est pourquoi l'association estime plutôt que la concurrence serait davantage à l'origine de ces inégalités. Elle a ainsi constaté que plus celle-ci était faible, plus les prix seraient élevés.


Au-delà de cette observation, elle dénonce plusieurs dérives pratiquées par certaines écoles de conduite, qui ne respectent pas la réglementation. Une auto-école sur cinq n'affiche ainsi pas le tarif de ses forfaits à l'extérieur et 6,5% d'entre elles ne proposent pas d'heure d'évaluation avant l'entrée en formation du candidat, bien que ce soit normalement obligatoire pour déterminer le nombre prévisionnel d'heures de cours. Par ailleurs, plus de la moitié (51,2%) a mis en place "des frais d'accompagnement à l'examen théorique général à un niveau de prix dépassant celui d'une heure de conduite", évaluée à 41,7 euros dans ces établissements.

Un système d'inscription directe à l'examen pratique

Pour toutes ces raisons, UFC-Que choisir demande aux pouvoirs publics "une refonte de l’information précontractuelle obligatoirement délivrée aux consommateurs", censée leur garantir "un choix éclairé" notamment à travers l'affichage harmonisé des tarifs et des taux officiels de réussite aux examens. Car selon le rapport, 58,4 % de ceux indiqués par les auto-écoles sont en décalage avec les chiffres fournis par le ministère de l'Intérieur. De son côté, UFC-Que choisir a créé une plateforme pour connaître les résultats à travers une carte interactive. 


L'association souhaite également "la création d’un cadre juridique favorable à l’émergence d’auto-écoles pouvant bénéficier des économies permises par Internet" et ce, en supprimant l'obligation d'avoir un local pour être agréé par la préfecture. Elle propose aussi l'instauration "d’un statut d’accompagnateur professionnel certifié", qui pourrait permettre  "d’abaisser le coût des heures de conduite supplémentaires, au-delà du socle obligatoire en auto-école".


Enfin, elle appelle à "la mise en place d’un système d’inscription directe des candidats à l’examen pratique, beaucoup plus sain et juste que celui actuellement en vigueur", car selon elle, "la mission d’une auto-école n’est pas de gérer l’attribution des places". "La différence de traitement entre candidats selon leur provenance n’est en rien justifiée", poursuit-elle.


Selon UFC-Que Choisir, il s'agit de "garantir aux consommateurs un accès de qualité à la conduite à des prix raisonnables".

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