2,5 millions de lunettes en souffrance : va-t-on pouvoir en acheter plus facilement ?

Des lunettes de vue / Photo d'illustration
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RATTRAPAGE - Environ 2,5 millions de personnes n'ont pas eu accès aux soins optiques en raison de la crise sanitaire. Jointe par LCI, la  Fédération des opticiens de France pointe "un problème de santé publique". Elle appelle les pouvoirs publics à permettre aux opticiens de renouveler les lunettes sans ordonnance avec un remboursement possible pour le client.

Consultations ophtalmologiques suspendues et magasins d'optiques fermés (sauf dans les deux cas pour des urgences) ont conduit à un retard considérable dans la délivrance de lunettes pendant le confinement. Et maintenant que les premiers comme les seconds reprennent du service, le maintien des mesures barrière ne permet pas de retrouver totalement le rythme d'activité habituel.  

En effet "en raison du Covid, 2,5 millions de lunettes n'ont pas pu être délivrées, qu'il s'agisse de prescriptions qui n'ont pas été honorées ou d'impossibilité de prendre rendez-vous chez l'ophtalmologiste pour s'en faire prescrire", estime Alain Gerbel, président de la Fédération nationale des opticiens de France (Fnof), joint ce lundi 15 juin par LCI.

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Et ce n'est pas fini. "Désormais, les ophtalmologistes, qui travaillaient déjà à flux tendu, vont devoir encore allonger les délais pour donner un rendez-vous aux patients. Nous estimons ainsi que 500.000 personnes de plus viendront grossir ces rangs tous les mois. Nous ne pourrons donc pas récupérer le retard sur la fin de l'année", calcule le représentant de cette organisation syndicale qui regroupe 2.000 chefs d'entreprises à la tête de 3.500 magasins d'optique.

Au delà du problème économique, "c'est un problème de santé publique" au sujet duquel la fédération a écrit un courrier au ministère de la Santé. Mais alors, quelle solution envisager ? "Le seul moyen de rattraper ce retard aujourd'hui consisterait, pendant les neuf mois à venir, à permettre aux opticiens de renouveler l'équipement sans ordonnance avec un remboursement possible de la sécurité sociale et de la complémentaire santé", prône la Fnof. A noter que loi autorise déjà les opticiens à le faire, mais sans remboursement, lorsqu'il y a un caractère d'urgence (en cas de perte ou de casse des lunettes par exemple) sans possibilité de prendre rendez-vous chez l'ophtalmologiste.

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Une telle mesure, qui mettrait largement à contribution les complémentaires, serait cependant compliquée à mettre en place rapidement. Mais l'idée de limiter le remboursement aux lunettes correspondant au panier A pourrait en revanche faire son chemin. Il s'agit des montures + verres (coûtant en moyenne 160 euros) 100% pris en charge quelle que soit la mutuelle depuis la toute récente mise en place du "reste à charge zéro" en optique.

Une autre option, quant à elle développée par le patron du groupe Krys Group, dès la mi-mai dans une interview au magazine spécialisé LSA et réitérée ce lundi dans Le Parisien, consisterait à rallonger la durée des ordonnances de deux ans afin que les patients puissent les renouveler sans problème. Pas sûr que cela change véritablement la donne, analyse pour sa part le président de la Fnof, car la durée de validité pour les ordonnances est dans la plupart des cas déjà longue : "L'opticien peut déjà renouveler l'équipement [avec ou sans adaptation de la correction si besoin] pendant cinq ans entre 16 et 42 ans, trois ans pour les plus de 42 ans et un an pour les moins de seize ans".  

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