Etats-Unis fermés aux Européens : peut-on se faire rembourser son voyage ? 

Etats-Unis fermés aux Européens : peut-on se faire rembourser son voyage ? 
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COUP DUR - En fermant ses frontières aux Européens pour 30 jours, Donald Trump risque de provoquer des pertes financières en cascades pour les voyageurs qui avaient déjà réservé leurs billets d'avion. Vol, hôtel, voiture de location, ticket d'entrée pour des spectacles... voici quelles sont les règles pour (peut-être) récupérer les sommes engagées.

Immense déception ! François peut faire une croix sur son road trip californien en famille programmé début avril. Comme de nombreux Européens, ce Parisien de 40 ans est concerné par l'interdiction de se rendre aux États-Unis jusqu'à mi-avril. Pourtant, "Allers-retours Paris-Los-Angeles, hôtels (sept différents puisqu'il s'agit d'un voyage itinérant), voiture de location, billets pour un match NBA... j'ai tout acheté séparément, pour un total de 3.000 euros hors billets d'avion", explique ce père deux enfants, joint ce jeudi 12 mars par LCI, quelques heures après l'annonce de cette consigne par Donald Trump dans l'espoir d'éviter la diffusion du coronavirus sur le sol américain. 

S'il a été bien inspiré en réservant les vols chez Air France (qui permet de reporter ou d'annuler sans frais les voyages réservés avant le 31 mars et prévus jusqu'au 31 mai), il s'attend pour tout le reste à "un parcours du combattant". Il va en effet devoir contacter un à un les différents interlocuteurs, sans avoir la garantie qu'ils acceptent de le rembourser. Dans ce cas, l'assurance incluse dans sa carte bancaire, une American express standard en l’occurrence, lui aurait "uniquement permis d'obtenir le  remboursement des billets d'avion", lui a déjà indiqué le service client. François pourra cependant très probablement se faire rembourser ses tickets pour le match de basket (1.000 euros) car, dans son malheur, il a la chance que la saison vienne d'être suspendue... en raison du virus. Ce qui oblige, en principe, l'organisateur à rembourser les spectateurs.

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Afin d'y voir plus clair, LCI a contacté Rémy Duquenne, expert juridique chez FlightRight, une société spécialisée dans l'indemnisation des passagers aériens. "La situation est vraiment exceptionnelle car il s'agit d'une interdiction officielle émanant d'un gouvernement, à la différence par exemple de l'Italie où aucune interdiction officielle d'arrivée ou de sortie n'a été prononcée", souligne-t-il. Mais quelles conséquences pour les voyageurs ?

POUR L'AVION, trois cas de figure décrits par le spécialiste sont possibles :

Si le vol est annulé par la compagnie, celle-ci doit rembourser l'intégralité du billet d'avion. Elle ne versera en revanche pas l'indemnisation forfaitaire prévue en outre par l'Union européenne car elle n'est aucunement responsable de l'interdiction prononcée par Donald Trump.

Si le vol est annulé par le passager quelque soit sa raison (destination devenue inaccessible ou dangereuse, crainte de s'y rendre...), le remboursement des billets dépend du bon vouloir des compagnies. Air France et de nombreuses autres sociétés jouent heureusement le jeu : Ryanair, British Airways, Lufthansa notamment. Il convient donc de contacter la compagnie pour connaître sa politique commerciale. Pas question en revanche de toucher l'indemnisation forfaitaire supplémentaire. 

Si le vol n'est pas annulé et que le passager décide d'embarquer malgré tout - sacré pari qui se soldera par un refus d'entrer sur le territoire américain -, il ne pourra rien réclamer à la compagnie. À noter que l'accès à l'avion sera de toute façon très probablement refusé en amont. 

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POUR LES AUTRES FRAIS,  deux grands cas de figure sont à distinguer :

S'il s'agit d'un voyage à forfait (circuit, séjour...), si le vol est compromis, l'agence de voyage doit soit réorganiser un autre voyage ultérieurement soit rembourser les acomptes versés.

Si les différentes prestations ont été réservées séparément, comme c'est le cas de François, les démarches sont plus laborieuses et n'aboutissent pas forcément. Tout dépend en effet de ce qui est prévu dans les contrats, qu'il convient donc de vérifier un à un. Par exemple pour l'hôtel, certains sites de réservation permettent d'annuler sans frais jusqu'à X jours avant le départ. Idem pour les voitures : par exemple, comme le rappelle ce jeudi par voie de communiqué le comparateur de location de voiture Carigami.fr (qui permet notamment d'emprunter un véhicule aux Etats-Unis), l'annulation est gratuite jusqu'à 24 heures avant la prise en charge. 

Notre voyageur malheureux, qui avait choisi,  pour les hôtels, les tarifs les plus compétitifs sans possibilité d'annuler, perdra hélas les sommes engagées... à moins qu'un hypothétique geste commercial soit finalement accordé au regard des circonstances exceptionnelles. Pour la voiture de location, il nous confie qu'un petit espoir demeure. 

Quant aux assurances annulation auxquelles certains voyageurs souscrivent, elles ne sont pas d'un grand secours car les épidémies ou les pandémies sont une clause d'exclusion de garantie.

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