"La panique ne se limite pas aux zones touchées" : les Français annulent en masse les voyages à l'étranger

"La panique ne se limite pas aux zones touchées" : les Français annulent en masse les voyages à l'étranger
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ATTENTISME - En raison de l'épidémie de coronavirus, l'horizon est très bouché pour le secteur du tourisme. Alors que les annulations vont bon train, impossible pour le moment d'identifier des destinations épargnées en vue des vacances de printemps et des ponts de mai, selon les voyagistes interrogés par LCI.

"Je viens encore de recevoir un mail d'un client qui me confirme qu'il n'ira pas en Thaïlande". Une annulation de voyage parmi tant d'autres pour Olivier Bourgine, fondateur d'une agence de voyages à Paris. Depuis quelques semaines, il est confronté en masse à ce type de désistements en raison des craintes liées au coronavirus.

"Le personnel de l'agence passe ses journées à gérer des annulations. La panique ne se limite pas à la Chine, l'Iran ou le nord de l'Italie. Toutes les destinations sont désormais délaissées", déplore-t-il auprès de LCI. À tel point qu'il estime que son activité a été divisée par dix : l'intégralité des voyages d'affaires est annulée tandis que les voyages loisirs se réduisent comme peau de chagrin pour les vacances de printemps (ndlr : qui débute le 4 avril pour la zone C, celle de Paris notamment) ou les ponts de mai. Selon lui, "la psychose s'est accélérée quand le gouvernement a commencé à recommander de reporter certains voyages". 

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La tendance, à peine moins catastrophique, est constatée à plus large échelle par les représentants des agences de voyages (Les Entreprises du voyage) et les tours-opérateurs (Seto). Dans un communiqué commun daté du 5 mars, ils alertent sur l'impact du Covid-19 sur le secteur du voyage. Les seuls tour-opérateurs notent par exemple "une baisse de l’activité en février de près de -25% avec une décroissance accrue lors de la dernière semaine (-60%) et un risque majeur d’annulations et de reports sur les commandes enregistrées". Existe-t-il pour autant des destinations de repli pour les congés à venir ? C'est assurément "prématuré", souligne auprès de LCI une porte-parole qui se dit dans l’impossibilité de dégager des tendances pour le moment. 

Sur le terrain, Olivier Bourgine et son équipe ne cessent de répondre aux différentes questions des clients de son agence ... dont la plupart renonceront de toute façon à partir partir : "Je vais à tel endroit, y a-t-il un risque de contamination ? Si je vais à tel autre endroit, est-ce que je risque d'être concerné par un confinement et donc de rester bloqué là-bas ?  Est-ce qu'une assurance-voyage me permettra d'annuler sans frais ?"

Difficile de trouver une logique dans les choix des voyageurs

Des sollicitations qui demandent énormément de travail pour "défaire le mardi ce qu'ils ont fait le lundi". Sans forcément pouvoir y trouver une logique : "Des vacanciers, à l'Île-Maurice en ce moment, assurent que leur séjour est un régal tandis que d'autres viennent d'annuler cette destination et finalement le regrettent", explique Olivier Bourgine. Des craintes qui peuvent aussi sembler irrationnelles. Ainsi, une Ukrainienne vivant actuellement en France, interviewée le 4 mars par TF1, explique vouloir renoncer à un séjour réservé pour rentrer voir sa famille en Ukraine (où un seul cas de coronavirus est pour l'heure confirmé) tout en indiquant "ne pas savoir si je [elle] sera remboursée pour cette annulation".

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Du côté des recherches de vols sur Internet, c'est aussi la confusion. "Les chiffres sont très inhabituels par rapport à la normale. Des bruits partent dans tous les sens. Et ils peuvent se contredire d'heure en heure. Dès que des cas commencent à être confirmés pour une destination, l'impact est immédiat : le nombre de recherches diminue", observe Guillaume Rostand, porte-parole du comparateur de billets d'avion liligo.com, interrogé par LCI. 

La résultante ? Pour le moment, "l'attentisme prévaut, quelles que soient les destinations, même si "les zones pas ou peu concernées par la présence du virus, comme le Maghreb, l'Amérique du Sud ou les États-Unis, sont moins affectées, en proportion de recherches" tempère-t-il, tout en se refusant pour le moment à parler de "report". D'autant qu'il n'est pas exclu que certains passagers décident finalement de réserver en se gardant la possibilité d'annuler par la suite sans frais, comme le permettent de nombreuses compagnies aériennes -dont Air France - pendant cette période de doutes. 

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