Comment expliquer la faible hausse des prix à la consommation ? L'éclairage de l'Insee

La crise sanitaire du coronavirus a modifié les comportements d'achat des Français

À LA LOUPE – Depuis le début de la crise sanitaire, les Français scrutent avec attention leurs tickets de caisse, vérifiant ainsi une éventuelle augmentation des prix en magasin. LCI a posé la question à l'Insee, qui vient de publier l'indice définitif sur l'évolution des prix du mois de mars.

Augmentation... ou pas ? Voici la question que se posent de nombreux Français au sujet de leurs courses depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19 et la mise en place en place du confinement le 17 mars. Arbitre statistique, l'Insee vient de publier ce mercredi les résultats définitifs de l'indice des prix à la consommation du mois de mars. 

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Résultat : en mars 2020, les prix à la consommation n'ont que très faiblement augmenté par rapport au mois précédent, et même sur l'année complète. Un constat que Marie Leclair, cheffe de la division Prix à la consommation de l’Insee, détaille pour LCI.

LCI : Quel bilan tire l'Insee pour le mois de mars ? 

Marie Leclair : L'Insee note un ralentissement de l'inflation, avec un indice des prix à la consommation qui n'augmente que de +0,1% en mars, soit une variation de +0,7% sur l'année. Mais lorsqu'on corrige les prix des variations saisonnières, ils baissent de -0,6% en mars, après -0,1% en février. 

Comment expliquez-vous cette baisse de l'inflation ? 

Il y a plusieurs facteurs. Déjà, la France a enregistré un net repli des prix de l'énergie, -4,0 % en mars sur un an, une baisse expliquée par la forte baisse des cours des produits pétroliers depuis le début de l’épidémie de coronavirus. Les prix du gaz, eux, reculent de -12,1%. Egalement, le confinement a fait chuter les prix des déplacements : -4,4% pour les transports aériens sur un an, -4,2% pour les transports  ferroviaires. 

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En revanche, les produits frais ont connu une augmentation ? 

Effectivement, ce sont les fruits et les légumes qui connaissent la plus forte hausse. Les prix des produits frais augmentent de +4,7 % sur un an, dont +4,8% pour les légumes et +5,1% pour les fruits. Leurs prix sont très volatils en fonction de la saison et des conditions météorologiques, donc il est difficile d'expliquer leur hausse en raison du confinement, par exemple. 

Est-ce que les autres produits de consommation courante ont connu de telles hausses ? 

Notre étude indique que non. Si nous regardons les produits fortement consommés depuis le début de la crise sanitaire, nous notons que les prix des produits d’entretien et de nettoyage baissent de -1,7% sur un an, et ceux des articles d'hygiène corporelle, de bien-être et produits de beauté reculent de -0,5%. 

Qu'en est-il des denrées plébiscitées par les Français depuis la crise sanitaire ?

Ce n'est pas dans l'habitude de l'Insee, mais cette fois nous avons publié le détail de l'évolution des prix de nombreux produits alimentaires. Étonnement, on découvre que les prix des pâtes reculent de -0,6 % en mars sur un an, ceux du riz diminuent de -0,1 %, ceux de la farine de -0,5 % et ceux du sucre de -0,9 %.

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Pourquoi ne pas comparer simplement les prix de mars avec ceux de février, un mois sans confinement ? 

L'Insee le fait et ces chiffres sont aussi publiés dans notre étude, mais les résultats obtenus ne sont pas directement interprétables car on ne tient pas compte des effets de saisonnalités. Tous les ans, nous enregistrerons des fortes hausses ou des fortes baisses certains mois de l’année. Par exemple dans les transports, les prix du mois de mars sont habituellement plus bas qu'en février. Pour l'habillement, les prix sont eux plus élevés avec la fin des soldes. Pour avoir un véritable regard comparatif entre une période habituelle et ce moment historique du confinement, l'échelle de temps d'une année à l'autre est la meilleure solution. 

Le travail de l'Insee est-il impacté par le confinement ? 

Oui, nous avons du modifier notre fonctionnement. L'indice définitif des prix est réalisé en partie grâce à des relevés réalisés directement sur les points de vente par une centaine d'enquêteurs de l'Insee. Une mission que nous avons suspendue depuis le confinement, d'une part pour que les agents ne prennent aucun risque sanitaire et d'autre part pour limiter le nombre de personnes dans les commerces. Pour les prix des activités de service comme par exemple la restauration, hôtellerie, les coiffeurs, cela a peu d'impact car ces secteurs n'exercent plus depuis le 17 mars. 

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La Chronique éco : Les dépenses en matière de courses explosent

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