L'UFC-Que Choisir et la CLCV saisissent le conseil d'État pour exiger le remboursement des voyages annulés

Proposer un avoir plutôt qu'un remboursement sous quatorze jours est jugé illégal par les associations de consommateurs. Mais pour les représentants des voyagistes, appliquer le droit européen les mettrait en grand danger.
Mon argent

VACANCES - Les associations de défense des consommateurs UFC-Que Choisir et CLCV ont annoncé avoir déposé un recours devant le conseil d'Etat pour contester une ordonnance autorisant les voyagistes à proposer un avoir, et non plus un remboursement.

A les entendre, ce sont encore une fois les consommateurs qui trinquent. Les deux associations de défense de consommateurs UFC-Que Chosir et Consommation Logement Cadre de Vie (CLCV) ont annoncé ce lundi 6 juillet avoir saisi le conseil d'Etat pour contester l'ordonnance du gouvernement autorisant les agences de voyage à proposer un avoir, et non plus un remboursement, aux clients dont le séjour a été annulé à cause de la pandémie de Covid-19. 

La semaine dernière, la Commission européenne a lancé une procédure d'infraction à l'encontre de dix pays de l'Union européenne, dont la France, pour défendre le droit des voyageurs à se faire rembourser en cas d'annulation de leurs séjours en raison du coronavirus.  

Lire aussi

"Plus de quatre mois se sont écoulés depuis les premières annulations et la situation économique de certains ménages est toujours fragile. Il y a donc urgence à permettre effectivement aux consommateurs de choisir le remboursement", déplorent dans un communiqué commun l'UFC-Que Choisir et la CLCV.

En temps normal, la loi impose en effet un remboursement en numéraire. Mais depuis le 25 mars, une ordonnance prise par le gouvernement permet aux tour-opérateurs et aux agences de voyage de proposer aux clients dont le séjour ne peut se réaliser à cause du coronavirus, un bon d'achat ou un avoir valable 18 mois. Cet avoir sera ensuite remboursable en espèce dans les 18 mois, s'il n'a pas été utilisé.

En vidéo

"Le 20H vous répond" : peut-on être remboursé si on annule un voyage prévu cet été ?

Ce n'est pas aux consommateurs à sauver les voyagistes par le renoncement de leurs droits- UFC-Que Choisir et CLCV

Toute l'info sur

Vacances d'été : l'ombre du coronavirus

Pour l'UFC-Que Choisir et la CLCV, "ce n'est pas aux consommateurs à sauver les voyagistes par le renoncement de leurs droits". Selon les associations, le secteur des agences de voyages doit avoir accès au crédit de trésorerie garanti par l'Etat. "Plusieurs compagnies aériennes, comprenant l'urgence de restaurer la confiance des consommateurs dans le secteur, reviennent sur leur politique de refus du remboursement. Il n'est pas acceptable que les voyagistes, eux, continuent, même après l'action de la Commission européenne, de se sentir au-dessus des lois et à malmener les clients", dénoncent-elles.

La France dispose d'un délai de deux mois pour répondre. A défaut, Bruxelles passera à la seconde étape de la procédure d'infraction, soit "l'avis motivé", où la Commission demande aux pays de se conformer au droit de l'Union. Le délai est généralement à nouveau de deux mois. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent