"J’espère qu’on ne m’empêchera pas de faire ça" : quand le petit commerce brave l'interdit

"J’espère qu’on ne m’empêchera pas de faire ça" : quand le petit commerce brave l'interdit

SYSTÈME D - Pour les petits commerces jugés non-essentiels, le nouveau confinement entré en vigueur vendredi est un véritable coup dur à l'approche des fêtes de fin d'année. Condamnés à fermer leurs portes au public, certains optent pour la privatisation de leur boutique, quitte à se mettre hors-la-loi.

A Brest, comme ailleurs, des commerçants font le choix d’ouvrir leur boutique en la privatisant, quitte à être hors-la-loi. A la boutique "Lovely Day", les clients sont reçus sur rendez-vous l’un après l’autre, en catimini. De quoi profiter d’une heure de shopping personnalisé. Emeline, une habituée, a fait son repérage sur la page Facebook du magasin. Sur place, elle n’a plus qu’à essayer les articles qu’elle a sélectionnés. "J’ai les conseils de la vendeuse et la boutique juste pour moi. Et cela permet d’avoir du temps pour les essayages. C’est un confort", confie la cliente, visiblement séduite par le concept.

Au rythme de dix clients par jour, la gérante du magasin veille à ce que tous les gestes barrières soient bien respectés. En plus du gel hydroalcoolique et du port du masque à l'intérieur, chaque article est décontaminé avant d'être mis à la disposition des visiterurs. "Les vêtements sont isolés, puis ils sont désinfectés pendant 24 heures avant d’être remis en rayons", assure Maureen Kuhn, la gérante. Avec ces mesures, elle estime qu’elle ne met pas en danger sa clientèle. "J’espère qu’on ne m’empêchera pas de faire ça. Sans cela, on ne passera pas les fêtes de fin d’année", prévient-elle. En cas de contrôle, la commerçante encourt une amende de 135 euros et la fermeture de son magasin sur-le-champ. Un risque qu'elle se dit prête à prendre.

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Retrait en magasin et supermarché virtuel

Depuis l’annonce du reconfinement, la fronde s'est amplifiée chez les petits commerçants, contraints de fermer tandis que les grandes surfaces peuvent rester ouvertes. Depuis vendredi, plusieurs maires – 71 sur les 36.000 selon l’exécutif - ont pris des arrêtés symboliques pour permettre aux petits commerces de rester ouverts durant le reconfinement. Des arrêtés qui pour la plupart ont été rendus caduques par les tribunaux administratifs. En réaction, la maire (LR) de Montauban Brigitte Barèges a annoncé qu'elle s'engageait à payer les amendes à la place des commerçants.

Conscient des difficultés que rencontrent actuellement les petits commerces, le gouvernement a toutefois tiré quelques leçons des débuts de la crise. Depuis le reconfinement, il autorise les commerces fermés à continuer de fonctionner pour les activités de livraison et retrait de commandes passées préalablement sur Internet ou par téléphone. Au printemps, ce "click and collect" n’avait été rendu possible que plusieurs semaines après le début du confinement. Mais il avait rencontré un certain succès. C'est le cas au magasin de jouets "Crox Jeux" de Brest. "On n’est pas dans la boutique, donc on respecte les règles d’hygiène", explique Olivier Le Guen, le gérant.

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Autre solution pour les petits commerçants, le concept de "supermarché virtuel", qui consiste à se regrouper pour bénéficier d'une plus grande visibilité sur Internet, pourrait également permettre d'assurer l'avenir, voire la survie, des petits commerces délaissés des centres-villes. Sur ce point, l'exécutif doit d'ailleurs préciser ce jeudi les solutions existantes pour permettre aux commerçants de réaliser leur transformation numérique. Des initiatives sont déjà en cours, comme à Limoges (Haute-Vienne) où une sorte de mini Amazon local, réunissant une quarantaine de commerçants, va être lancé ce jeudi.

Alors que de nombreux commerces réalisent une part importante de leurs chiffres d'affaire à cette période de l'année et redoutant des faillites en cascades, les fédérations de commerçants réclament de leur côté la réouverture des commerces le 13 novembre et demandent au gouvernement "d'étendre sans délai les mesures de soutien à l'ensemble des commerces, quelle que soit leur taille ou leur secteur". "Cette règle vaut aussi bien pour les loyers, le fonds de solidarité, les charges sociales ou encore les prêts participatifs", soulignent-elles dans un courrier adressé à Matignon, demandant également aux banques et aux assurances de "prendre toute leur part à cette crise".

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