Crowdlending - Prêtez directement aux entreprises, mode d'emploi

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FINANCEMENT PARTICIPATIF - Le crowdlending, un nouveau genre de crowdfunding, permet aux particuliers de prêter à des entreprises dont le projet vous séduit. Le système rapporte plus que le livret A mais peut présenter des risques. On vous explique comment assurer vos arrières.

Elles s'appellent Bolden, Lendosphere, Annona, Lendix, Credit.fr... Ce sont des plateformes de crowdlending. Un système de financement participatif qui permet aux particuliers de prêter directement aux entreprises, sans passer par les banques. Cette nouvelle version du crowdfunding n'est pas un don mais un investissement. 

EN SAVOIR + >> Crowdfunding : 5 clefs pour vous y mettre

C'est une façon de donner du sens à votre épargne. Et en prime, vous récoltez des intérêts. "Le crowdlending a en effet un meilleur rendement que le livret A mais ce placement reste à risque", assure cependant à metronews Philippe Crevel, directeur du Cercle des épargnants .

Un coup de pouce à un projet qui vous parle
Le crowdlending permet aux porteurs de projet de lever des fonds plus rapidement qu'à la banque, notamment s'il s'agit de petites structures qui n'ont pas d'apport. "Les projets que nous sélectionnons peuvent être financés en un mois", nous explique Thomas de Bourayne, directeur général de Credit.fr , l'une des nombreuses plateformes qui jouent les intermédiaires entre les particuliers et les emprunteurs.

"Le système permet aux épargnants de s'impliquer dans l'économie réelle en choisissant qui soutenir", insiste le responsable. Credit.fr a par exemple organisé une collecte pour Muzéo, spécialisé dans la reproduction d'œuvres d'art, pour un tabac-presse dans un village de Haute-Garonne ou encore pour l'installation d'un infirmier libéral en Seine-Saint-Denis.

 Jusqu'à 1000 euros à investir par projet
Vous prêtez directement aux entreprises par l'intermédiaire de plateformes, dont le fonctionnement est réglementé par le décret du 1er octobre 2014 .

Vous pouvez prêter jusqu'à 1000 euros par projet sur des durées de 3 mois à 60 mois. Au total, vous pouvez investir 1 million d'euros. Autrement dit, rien ne vous empêche donc de prêter à 1000 entreprises.

 Combien ça rapporte ?
Le taux d'intérêt, variable d'un projet à l'autre, est souvent compris entre 4% et 10%. C'est bien plus que celui du livret A (1%) mais n'oubliez pas que cette rémunération est soumise aux prélèvements sociaux (CSG) et à l'impôt sur le revenu.

| EXEMPLE |
Pour un placement de 1000 euros sur 5 ans rémunéré à 6,90%, le total des intérêts bruts sera de 185,4 euros. Mais la CSG et l'acompte d'impôt sur le revenu représenteront 73,17 euros. A titre de comparaison, 1000 euros placés sur un livret A (rémunéré au taux actuel de 1%) pendant 5 ans rapportent 50,6 euros nets.

► Quel risques ? 
Imaginons le pire : une entreprise à qui vous avez prêté fait faillite. Vous risquez alors de ne pas récupérer votre mise. Sauf si vous avez assuré vos arrières. "Le risque est en effet supporté par l'épargnant", précise Philippe Crevel.

Certes, les plateformes prennent des précautions pour sélectionner des dossiers sérieux, à l'instar de Credit.fr qui choisit uniquement des entreprises solides d'au moins 4 ans et dont le chiffre d'affaires n'excède pas 3 millions d'euros. En outre certaines plateformes ont constitué un fond d'indemnisation des prêteurs ou font appel à un professionnel de recouvrement de crédit.

► Des précautions pour assurer vos arrières
"L'Autorité des marchés financiers (AMF) et l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP) mettent en garde les épargnants qui veulent trop se lancer dans ce type d'investissement", rappelle le directeur du Cercle des épargnants. Voici ses conseils de prudence :
Renseignez-vous sur le bilan de l'entreprise. Une tache pas toujours facile pour les start-up qui démarrent.
⇒  Diversifiez les risques en prêtant par exemple 200 euros à 5 entreprises, plutôt que 1000 euros à une seule, quitte à multiplier les plateformes.
⇒  Vérifiez ici  que la plateforme est bien inscrite sur la liste de l'Organisme pour le registre des intermédiaires en assurance, banque et finance (Orias) en tant qu'établissement intermédiaire en financement participatif (IFP). En juin 2015, elles étaient 38. 

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