Salariés, votre bulletin de salaire change en janvier : on vous aide à vous y retrouver

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BULLETIN - L'allègement des charges pesant sur le travail et l'alourdissement de la CSG vont se faire sentir sur le salaire à partir de ce mois de janvier. Oui mais concrètement, ça donne quoi ? Le vice-président de l'Ordre des experts-comptables explique en détails ce qui change.

Le salaire net va augmenter. Promesse de campagne du président Macron, les cotisations salariales baissent à partir de ce mois de janvier 2018. Un allègement compensé par la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), afin de continuer à financer la protection sociale. Les salariés voient ainsi leur pouvoir d'achat augmenter car eux seuls bénéficient de la diminution des cotisations salariales alors qu'ils partagent avec les bénéficiaires de revenus du capital et la plupart des retraités la hausse de la CSG.

La réforme se matérialise sur la fiche de paie. Mais difficile pour tout un chacun de repérer les différences entre l'ancienne mouture qui avait cours jusqu'à décembre 2017 et la nouvelle version qui arrive avec le salaire de janvier 2018. D'autant que, si ce n'est pas déjà fait, votre entreprise doit désormais utiliser un nouveau modèle. Ce qui rend la comparaison encore moins aisée sans quelques explications. Patrick Bordas, vice-président de l’Ordre des experts-comptables, en charge des missions fiscales et sociales, donne quelques clefs pour déchiffrer les nouveaux bulletins de paie.

La fiche de paie simplifiée

"Toutes les entreprises ont l’obligation de passer aux bulletins clarifiés en janvier 2018. Il s’agit simplement d’effectuer des regroupements qui ne changent rien au calcul", explique Patrick Bordas. Jusqu'ici (depuis janvier 2017) seules les entreprises de plus de 300 salariés y étaient contraintes. Le but est de les rendre plus lisibles en supprimant une dizaine de lignes et en créant les blocs suivants :


• Santé

• Accidents du travail – Maladies professionnelles

• Retraite

• Famille – Sécurité sociale

• Assurance chômage

• Cotisations statutaires ou prévues par la convention collective

• Autres contributions dues par l’employeur

• CSG non imposable à l’impôt sur le revenu

• CSG-CRDS imposable à l’impôt sur le revenu

• Allègement de cotisation

"Certains logiciels sont déjà paramétrés pour le faire automatiquement. D’autres nécessitent une intervention du gestionnaire de paie qui devra appliquer lui-même les regroupements. Il n’est donc pas impossible que quelques entreprises, ayant besoin d’un petit temps d’adaptation, ratent la vague de janvier", prévient-il.

La modification des cotisations sociales

Deux paramètres changent au 1er janvier 2018. "D'un côté, la CSG déductible du salaire imposable (non imposable) augmente de 1,7%. De l'autre, les cotisations sociales baissent de 2,2%. Autrement dit, le salarié paie 0,5% de cotisations sociales en moins (1,7 - 2,2 = 0,5). Son salaire augmente donc de 0,5%", explique l'expert-comptable.


Le calcul est simple, il suffit de multiplier le salaire par 0,5% pour savoir combien cette réforme vous fait gagner. Exemples arrondis à quelques centimes près :


• Un salarié au Smic (1498,37 euros) au 1er janvier 2018 touchera 7,43 euros de plus que ce qu'il aurait touché sans cette réforme.

• Un salarié à 2000 euros touchera 10 euros de plus

• Un salarié à 3000 euros touchera 15 euros de plus

• Un salarié à 4000 euros touchera 20 euros de plus

• Un salarié à 5000 euros touchera 25 euros de plus

• Un salarié à 6000 euros touchera 30 euros de plus

• Un salarié à 7000 euros touchera 35 euros de plus

• Un salarié à 8000 euros touchera 40 euros de plus

• Un salarié à 9000 euros touchera 45 euros de plus

• Un salarié à 10.000 euros touchera 50 euros de plus


"Ce calcul est linéaire jusqu'à 13.244 euros par mois. Au-delà, le salarié perd de l'argent car la CSG est calculée sur tout le salaire alors que les réductions de cotisations sociales sont plafonnées à 13244 euros", précise-t-il.

Une seconde vague en octobre

Le gouvernement a décidé d'appliquer la réforme en deux temps. "La cotisation d’assurance-chômage va encore baisser de 0,95%. Ainsi, le salarié, qui aura déjà vu ses cotisations baisser de 0,5% en janvier, économisera ainsi 1,45%. Pour un employé au Smic, cela représente donc un gain de 7,43 euros de janvier à septembre puis de 21,73 euros à partir d'octobre. Soit 132 euros de plus dans l'année", détaille Patrick Bordas.

• La ligne Assurance maladie (décembre) avec un taux de 0,75% et un montant à déduire de 14,7 euros correspond à la ligne Sécurité sociale-Maladie invalidité décès (janvier), avec un taux nul et un montant nul n'apparaissant plus.

• La ligne Assurance chômage (décembre) avec un taux de 2,40% et un montant à déduire de 45,01 euros correspond à la ligne Chômage (janvier) avec un taux de 0,95% et un montant à déduire de 17,82 euros. A noter : cette cotisation sera nulle à partir d'octobre.

• La ligne CSG déductible (décembre) avec un taux de 5,10% et un montant à déduire de 99 euros correspond à la ligne CSG imposable à l'impôt sur le revenu (janvier) avec un taux de 6,80% et un montant à déduire de 132 euros. A noter : CSG "déductible" est synonyme de GSG "non imposable à l'impôt sur le revenu". 


Notez enfin que "certains logiciels de paie ne font plus apparaître les charges patronales. Donc la ligne concernant les cotisations d’assurance maladie pourrait ne pas apparaître dans la mesure où la cotisation salariale est nulle", prévient Patrick Bordas.

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