54% des Français estiment que leur pouvoir d’achat a diminué cette année

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CONSOMMATION - Malgré différentes mesures pour les ménages prises par le gouvernement depuis le 1er janvier, plus d'un Français sur 2 déclare que son pouvoir d'achat a diminué, selon le baromètre annuel Cofidis, dévoilé ce jeudi.

Le constat est rude pour le gouvernement. Malgré toute une série de mesures en faveur des ménages (suppression progressive de la taxe d'habitation, baisse des cotisations sociales sur les salaires,...) mises en place depuis le 1er janvier dernier, plus de la moitié des Français (54%) estime que leur pouvoir d’achat a diminué au cours des 12 derniers mois (ils n'étaient que 48% en 2017), selon le baromètre annuel Cofidis réalisé avec l'institut CSA dévoilé ce jeudi. 


Ce sont les retraités qui s'estiment les plus mal lotis : 74% des personnes, âgées de 65 ans et plus, dénoncent un ralentissement de leur train de vie. Pour 42% d'entre eux, cette baisse est à relier à la hausse de la CSG, effective depuis le 1er janvier 2018 (contre 23 % des Français). Plus inquiétant, cette diminution du pouvoir d’achat s’observe chez les personnes déjà fragiles (68% des Français ayant un pouvoir d’achat faible).


Pour autant, la part des Français estimant que leur pouvoir d’achat est resté stable a également diminué (36% ; -6 points en 1 an). Seuls 9% des Français estiment que leur pouvoir d’achat a augmenté (stable par rapport à l’an dernier), avec une proportion plus forte chez les populations jeunes (24% des 18-24 ans et 15% des 25/34 ans).

La fréquence du découvert bancaire augmente

Paradoxalement, malgré cette perception de baisse du pouvoir d’achat observée chez les Français, la somme qui leur manque en moyenne chaque mois pour vivre confortablement a diminué (445€ ; -39€ par rapport à l’an dernier). Cette baisse peut s’expliquer par le fait que les Français optimisent leurs dépenses et qu’ils améliorent leur trésorerie grâce à l’économie collaborative, aux ventes privées... La somme économisée par an est estimée à 257 euros. La part de la population la plus enthousiaste à l’égard de ces nouveaux modes de consommation sont les jeunes âgés de 18 à 34 ans (72%), toutes classes sociales confondues (57% CSP+ et 56% CSP-).


Les Français ont aussi largement recours à des astuces et sont adeptes des bons plans. Par exemple, 62% d’entre eux achètent des produits en promotion ou dont la date de péremption est proche pour bénéficier de "prix cassés". Le système d’achat/revente suscite également beaucoup d’intérêt : 56% des Français déclarent revendre des produits qu’ils n’utilisent plus sur Internet ou dans des vide-greniers (services du type Leboncoin, Vide-dressing.com, …) et 48% des Français sont prêts à acheter ces produits de seconde main. 


Par ailleurs, selon la Banque de France, le crédit à la consommation continue de se développer fortement : les encours ont progressé de 5,5% en un an. Quant au découvert bancaire, leur montant moyen a légèrement diminué en 2018 (370 € contre 394 € en 2017). Cependant, un Français sur 5 (20%) est à découvert tous les mois (+2 points par rapport à l’an dernier) et près d’un Français sur 3 (32%) est à découvert au moins une fois tous les 3 mois (+2 points par rapport à l’an dernier).

L'optimisme demeure... malgré tout

Ce sentiment de baisse du pouvoir d’achat est également contrebalancé par un optimisme à court terme. Plus d’un Français sur 2 (56%) considère que son pouvoir d’achat va augmenter ou rester stable dans les douze prochains mois (+ 5 points par rapport à l’an dernier), dont 13% (+ 3 points) considèrent qu’il va augmenter. Les jeunes sont encore une fois les plus confiants (39% des 18/24 ans et 22% des 25/34 ans estiment que leur pouvoir va augmenter), à la différence des retraités qui sont particulièrement inquiets (64% d’entre eux envisagent une baisse de leur pouvoir d’achat).


Les Français sont également plutôt confiants à moyen terme : près d’un tiers des Français (29%) parie sur une amélioration de son pouvoir d’achat au cours des cinq prochaines années (+3 points par rapport à l’an dernier), notamment les jeunes (60% des 18/24 ans et 41% des 25/34 ans).

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