Les prêts immobiliers de plus en plus difficiles à obtenir

Les prêts immobiliers de plus en plus difficiles à obtenir
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IMMOBILIER - C'est l'une des conséquences indirectes de la crise sanitaire : de nombreux particuliers qui veulent acheter leur logement ont du mal à obtenir un crédit auprès de leur banque ou l'ont obtenu et la banque l'a ensuite refusé. Pourquoi les banques freinent-elles ? Nos explications.

Depuis quelques semaines, certains candidats à l'achat immobilier se heurtent à un refus des banques, alors qu'il y a quelques mois, leur dossier aurait été validé sans aucun problème. C'est l'une des conséquences indirectes de la crise sanitaire : obtenir un prêt immobilier devient de plus en plus compliqué et les banques qui avaient, auparavant, donné leur feu vert, font désormais marche arrière. Depuis le début de la crise sanitaire, la part des dossiers refusés par les banques ne cesse d'augmenter. Ils étaient 6 % fin mai, 9,8 % fin juin et 10,7 % fin août. Pour quelles raisons ? Comment optimiser son dossier ? Nos éléments de réponse. 

L'apport personnel revu à la hausse : un problème pour les primo-accédants

Franck a 41 ans. Il est conducteur de train à la SNCF et voulait acheter sa première maison avec sa compagne, artisan-coiffeur. En mars dernier, il avait obtenu un prêt de 242 000 € avec 25 000 € d'apport. Ces derniers jours, la banque l'a informé qu'elle refusait ce prêt et exigeait des garanties supplémentaires. Alors bien sûr, les conditions d'attribution sont les mêmes qu'avant la crise : le taux d'endettement doit être inférieur à 33 % mais il n'est pas le seul paramètre pris en compte. L'apport personnel nécessaire a augmenté : il est passé de 10% à 20%. 

Et c'est devenu un problème pour de nombreux primo-accédants qui aspirent à la propriété. "C'est problématique notamment pour ceux qui achètent pour la première fois. Ils ont en moyenne 30 ans... Comment aujourd'hui, peuvent-ils réunir une somme d'argent de entre 15 000 et 20 000 € pour emprunter ? Souvent la solution, c'est de pouvoir avoir une aide de ses parents", affirme Sandrine Allonier, porte-parole de "Vousfinancer".

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La même problématique se pose pour certains déjà propriétaires. L'être n'est plus une garantie comme le montre l'histoire de Kevin. Il travaille dans la restauration et il a contracté un prêt pour un achat immobilier, il y a deux ans. "Sans aucun problème", selon lui. "Là je reviens avec un nouveau dossier, on avait travaillé en amont et tout devait passer, malheureusement entre-temps, il y a eu le covid...", dit-il.  Alors comme de beaucoup de candidats à la propriété, Kevin s'est tourné vers un courtier en prêt immobilier. Pour lui, "il est important d'avoir un apport et de préparer un dossier immobilier, ce qui n'était vrai, lors des cinq dernières années. Les banques prêtaient parce que le marché se porte bien", assure Gérard Pagnier, de la société FCI Crédits. En effet, les banques sont devenus particulièrement exigeantes parce qu'elles redoutent les effets de la crise sanitaire sur le pouvoir d'achat des ménages. 

En août, la tendance est redevenue avantageuse

Mais cette attitude des banques pourraient ne pas durer : le mois dernier, les taux des crédits immobiliers accordés par le secteur concurrentiel français se sont en moyenne établis à 1,24%, détaille dans un communiqué l'observatoire Crédit Logement/CSA, qui associe les principales banques françaises à un institut d'études de marché. Cela confirme donc une pause dans la tendance à la hausse des taux des crédits immobiliers français depuis le début de la crise du virus au printemps.

Pendant l'été, les banques ont à nouveau rendu leurs barèmes plus avantageux "afin de soutenir la demande de crédits immobiliers, sur des marchés toujours à la peine, en dépit du rebond 'technique' constaté avec la sortie du confinement", explique l'observatoire. Le mois d'août a également enregistré des conditions de crédits moins strictes au niveau de la durée moyenne. Celle-ci s'était nettement raccourcie le mois précédent, semblant témoigner d'une attitude moins ouverte des banques.

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Mais cette évolution n'aura été que ponctuelle. En août, la durée moyenne s'est à nouveau allongée de six mois à 230 mois - un peu plus de 19 ans -, retrouvant un niveau proche de ses records. "Après le recul constaté en juillet (...), la durée moyenne retrouve les valeurs élevées constatées durant le confinement", résume l'observatoire.

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