"Entre nous, les soldes sont réservés aux femmes, non ?"

"Entre nous, les soldes sont réservés aux femmes, non ?"

DirectLCI
VIDÉO – Créés au XIXe siècle puis réglementés en 1906, les soldes n'ont pas toujours ressemblé à ceux qu'ils sont aujourd'hui. Une vidéo de l'INA nous fait faire un bon de 35 ans en arrière, dans le style comme dans les mœurs.

1969, l'année de toutes les libérations ? Alors que le Mouvement de libération de la femme (MLF) fête son premier anniversaire, et qu'un peu partout, on milite pour l'égalité des sexes, certains clichés persistent (et le feront encore longtemps), même là où on les attend le moins. Dans un magasin des galeries Lafayette, on se presse pour les soldes saisonniers, et cette petite vidéo de trois minutes, archivées par l'INA, illustre une scène peu commune pour l'époque.

Nous sommes dans une boutique de vêtements pour homme, et, ô comble du paradoxe, ce sont bien des hommes qui se pressent dans les rayons pour faire leurs emplettes. Une bonne chose, me direz-vous. Madame n'est plus contrainte, ou presque plus, d'aller acheter elle-même les cardigans et les feutres de son homme. Désormais, monsieur sait se prendre en charge lui-même.

"Je ne suis pas féministe !"

Ce qui amuse et qui peut surprendre la jeune génération d'aujourd'hui, c'est l'interview de la patronne de la boutique réalisée par une femme journaliste. "Il s'agit bien de soldes, là ?", questionne ironiquement cette dernière, étonnée de voir autant d'hommes. "Entre nous, les soldes sont réservés aux femmes, non ?", poursuit-elle, indémontable. Et la vendeuse de clarifier, juste au cas où : "Oui mais c'est un magasin de vêtements pour hommes, beaucoup sont des clients réguliers."

"Ils font ça très consciencieusement", tient-elle à préciser, affirmant même que les hommes sont plus calmes que les femmes lorsqu'ils font les soldes (cette dernière remarque n'est sans doute pas totalement un cliché). Les deux complices observent, amusées d'assister à cette quasi-aberration sociale, et poursuivent leurs commentaires sexistes. Sexisme qui atteint son paroxysme lorsque la journaliste croit utile de préciser, dans un éclat de rire : "Je ne suis pas féministe ! Ah non !", tout en ayant l'approbation de la vendeuse. Certes, on s'en serait douté.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter