Et si vous deveniez surveillant pénitentiaire ?

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CONTEXTE. Régulièrement placé sous les feux de l’actualité, le métier de surveillant pénitentiaire reste pourtant méconnu du grand public. Ses missions ? Assurer la sécurité des détenus vivant en milieu carcéral tout en accompagnant les initiatives de réinsertion.

Comment devenir surveillant pénitentiaire 
L’Ecole nationale d’administration pénitentiaire ( ENAP ), basée à Agen, est la seule école de l’Hexagone qui prépare au métier de surveillant pénitentiaire. Elle forme les candidats sur une durée de 8 mois et comporte deux stages. Les admissions se font sur concours, à partir d’un brevet des collèges ou tout diplôme de niveau V (CAP, BEP, etc.). A l’issue de la formation, le surveillant stagiaire sera alors affecté en fonction de son classement dans l’un des 191 établissements pénitentiaires (maisons d’arrêt ou établissements pour peine) du territoire français.

 Les qualités requises
Afin d’assurer la sécurité au sein du centre de détention, le surveillant pénitentiaire doit faire preuve d’un certain nombre de qualités : il doit être rigoureux, stable, et capable d’agir avec sang froid pour apaiser les tensions naissantes. "C’est un métier de relations humaines où il faut avoir un bon sens de l’écoute, de l’observation et une maturité de vie pour prendre du recul dans l’analyse des situations", estime Isabelle Lorentz, adjointe chef au Bureau des métiers, du recrutement et de la formation de la direction de l’administration pénitentiaire.

 La rémunération
La fonction de surveillant comprend un large éventail de métiers, allant des surveillants aux surveillants brigadiers, premiers surveillants, majors, lieutenants, capitaines ou encore commandants pénitentiaires. Selon les chiffres communiqués par l’ENAP, un candidat 1er échelon commence à toucher un salaire de 1527 euros dès le début de sa formation (prime de stage incluse). En fonction de ses responsabilités et de son grade, le salaire peut ensuite monter jusqu’à 3521 euros pour un commandant pénitentiaire (dernier échelon).

► Les horaires et le lieu de travail 
Chargé de surveiller et d’accompagner les détenus dans leurs actions quotidiennes (réveil, promenade, exercice sportif, travail en atelier, etc.) ainsi que de vérifier les courriers, faire les appels et effectuer les fouilles, le surveillant pénitentiaire peut travailler de jour comme de nuit. "Le plus souvent, il travaille en horaires alternés, de matin (entre 6h45 et 13h), d’après-midi (entre 12h45 et 19h), de journée ou de nuit (entre 18h45 et 7h). Le rythme classique est de 3 jours de travail et deux journées de repos", précise Isabelle Lorentz. Il peut être amené à exercer au sein de différentes structures : maisons d’arrêt, maisons centrales, établissements pour mineurs, centres de détention…

 Une carrière plus qu’un métier ?
Depuis l’évolution du statut en 2013, les surveillants pénitentiaires ne sont plus cantonnés à faire le même métier tout au long de leur carrière. Ils peuvent par exemple se spécialiser et devenir moniteurs de sport, être chargés du transport des détenus ou de la surveillance des secteurs médicalisés. "En fonction de l’ancienneté ou du tableau d’avancement, un surveillant peut devenir brigadier pour accéder à plus de responsabilités. Après 6 ans service, il peut par exemple devenir premier surveillant en passant un examen interne", ajoute Isabelle Lorentz.

L’évolution se poursuit ensuite en fonction de l’ancienneté : après 4 années d’expérience en tant que premier surveillant, il est possible de devenir major pénitentiaire et d’encadrer des équipes en détention. Puis à partir de la cinquième année en tant que premier surveillant, les candidats pourront choisir de devenir lieutenant pénitentiaire, l’entrée des corps de commandement, puis d’évoluer ensuite à un poste de capitaine ou commandant. Des concours offrent également la possibilité de se reconvertir dans les services administratifs ou techniques. "Il existe aussi des passerelles permettant d’intégrer des militaires de carrière qui souhaiteraient rejoindre l’administration pénitentiaire à la fin de leur période d’engagement", précise Isabelle Lorentz.

EN SAVOIR + >> www.devenirsurveillant.fr

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