Faut-il supprimer les mutuelles étudiantes jugées coûteuses et pas efficaces ?

Faut-il supprimer les mutuelles étudiantes jugées coûteuses et pas efficaces ?

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ECONOMIES - Les mutuelles étudiantes pourraient ne plus exister d'ici trois ans. Le Sénat vient d'adopter une réforme destinée à faire économiser 69 millions d'euros à l'Assurance maladie. Explications.

Cartes vitales délivrées en retard, difficultés pour avoir un interlocuteur au téléphone, remboursement tardif... les mutuelles étudiantes sont sur la sellette. Le Sénat a adopté dans la nuit de mardi 18 novembre à mercredi 19 novembre une réforme de ce dispositif. Objectif : mettre fin d'ici à trois ans à un système jugé trop coûteux et pas assez efficace.

Cette proposition de loi déposée par 80 sénateurs, emmenés par Catherine Procaccia (UMP), a obtenu les faveurs de la majorité de droite. Elle risque donc de ne pas remporter l'adhésion des députés à l'Assemblée nationale, où la gauche domine. La secrétaire d'Etat à l'enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, réprouve cette réforme qui "ferait basculer 1,7 million d'étudiants dans l'inconnu".

Dans le viseur de la Cour des comptes

La Cour des comptes avait pourtant pointé en 2013 les failles des mutuelles étudiantes , pour leur coût élevé et pour leur manque d'efficacité. Non seulement, la LMDE, principale mutuelle étudiante – et héritière de la MNEF, qui avait fermé en 2000 après des scandales d'emplois fictifs –, accuse un déficit important après des années de mauvaise gestion mais aussi, elle n'est en mesure de répondre qu'à 7% des appels ou encore un tiers des étudiants affiliés attendent plus de 3 mois avant de recevoir leur Carte vitale, selon la Cour.

Résultat, selon une enquête de satisfaction menée l'an dernier par la Cour auprès de 1700 étudiants affiliés à la LMDE, la note moyenne de satisfaction a été de 2,3 sur 5, le pire score de toutes les mutuelles étudiantes, globalement mal notées. Des chiffres que viennent démentir une enquête, menée début novembre 2014 par l'institut CSA pour le réseau de mutuelles régionales (EmeVia), dans laquelle les étudiants déclarent être satisfaits des mutuelles étudiantes à 67 %.

Levée de boucliers du côté des acteurs de la vie étudiante

Le proposition de loi prévoit donc que les étudiants continuent de s'inscrire à des mutuelles étudiantes mais que leurs dossier et la gestion de leur feuilles maladies se fassent en réalité à la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). Cela permettrait de ne pas avoir à créer de nouveau dossier quand l'étudiant quitte le régime général de ses parents.

Et il y a des économies à faire, quand on sait que la Sécurité sociale reverse 50 euros par étudiant aux mutuelles étudiantes, alors qu'un assuré du régime général coûte 42 euros par an en moyenne. En cessant de leur déléguer cette gestion, la Sécurité sociale économiserait 69 millions d'euros par an, selon un calcul de la Cour des comptes.

La LMDE et EmeVia ne l'entendent pas de cette oreille. Ces deux organismes ainsi que les syndicats étudiants (Unef et Uni), la Fédération de parents d’élèves (Peep) et la Fédération nationale indépendante des mutuelles (Fnim) dénoncent ce mercredi une "destruction du modèle social dont les étudiants sont les premières victimes". Ces acteurs de la vie étudiante tiendront des assises pour "la défense du régime étudiant de sécurité sociale" en janvier 2015.

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