Fraude à la carte bancaire : des chiffres en hausse constante

Fraude à la carte bancaire : des chiffres en hausse constante

Mon argent
DirectLCI
ARNAQUE - Chaque année, plus de 700 000 Français se déclarent victimes d'une arnaque à la carte bancaire. Montant médian du préjudice : 300 euros. Mais les banques remboursent dans la grande majorité des cas.

Votre carte bancaire est-elle bien à l'abri dans votre portefeuille ? Non. Pour brutale qu'est cette réponse, elle a le mérite d'être claire. Et elle émane du très sérieux Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) qui dévoile aujourd'hui les résultats de son enquête "Cadre de vie et sécurité" qui porte sur l'année 2012 et a été réalisé par l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques).

Le bilan de cette étude dévoile qu'il y a pas moins de 718 000 personnes qui se déclarent victimes d'une arnaque à la carte bancaire chaque année. 2,6 % des ménages ont dit avoir été victimes d’au moins un débit frauduleux sur leur compte bancaire dans le courant de l'année 2012. A titre de comparaison, la proportion de ménages disant avoir été victimes de débits frauduleux avait été mesurée à 1,8 % en 2010, ce qui correspondait à un nombre estimé de 500 000 ménages "victimes déclarées". En deux ans, le nombre de personnes ayant subi ce type de dommage a donc grimpé de 0,8 point (soit environ 200 000 ménages).

Des dépenses frauduleuses faites majoritairement sur Internet

Pour un peu plus des deux tiers des victimes (68 % des ménages), elles indiquent n'avoir subi qu'un seul et unique débit frauduleux sur deux ans. Ils sont 26 % a déclaré avoir observé plusieurs débits non souhaités formant une même série. Quant au montant, il est inférieur à 300 euros pour la moitié des victimes et supérieur à 1 000 euros pour 20 % des personnes touchées. La valeur médiane s'établit à 300 euros, un chiffre inchangé par rapport aux deux précédentes vagues d'enquête.

Mais de quels genres sont ces débits ? Le rapport de l'ONDRP indique "55 % des ménages, disant avoir été victimes de débits frauduleux sur leur compte bancaire, déclarent que l’auteur a utilisé leurs informations confidentielles, ou leurs coordonnées bancaires, pour effectuer un achat sur Internet." Viennent ensuite l'achat dans un commerce traditionnel (13 %) et le retrait d'argent dans un distributeur (12 %).

Surveiller ses relevés de compte

Quant à la manière dont ces victimes ont constaté la fraude, la meilleure solution reste encore la consultation des relevés d'opérations. 65 % des ménages ayant subi un préjudice l'ont découvert de cette manière (sous forme papier, en ligne ou via un répondeur vocal). Dans seulement 27 % des cas, c'est un appel de leur banque ou d'un autre établissement bancaire qui a permis de découvrir le pot aux roses.

Reste une inconnue : la manière dont les voleurs ont mis la main sur les coordonnées bancaires. "60 % des ménages disant avoir été victimes ne savent "pas du tout" comment l’auteur a procédé pour obtenir leurs informations confidentielles", indique l'étude de l'ONDRP-INSEE. Les doutes portent néanmoins avant tout sur Internet.
 
Internet pointé du doigt
 
Le vol de ces informations sensibles aurait eu lieu lors d'un achat ou une réservation en ligne dans 15 % des cas, indiquent les personnes qui pensent connaître la méthode utilisée par les brigands. 6 % déclarent que leurs données confidentielles ont été dérobées au cours d'un achat dans un commerce traditionnel et 4 % au cours d'un retrait à un distributeur. En revanche, le phishing (site frauduleux imitant un site officiel et vers lequel la victime est dirigé par le biais d'un mail) et les appels téléphoniques ne sont mis en cause que dans 3 % des cas.
 
54 % des ménages "victimes déclarées" disent avoir rapporté l’incident le plus récent à la police ou à la gendarmerie, dont 46 % qui ont formellement déposé plainte, et 9 % ayant fait une déclaration à la main courante. Le but premier est d'obtenir avant tout réparation auprès de leur banque (motivation dans 76 % pour bénéficier d'un remboursement du préjudice). Et l'histoire se finit bien dans une majorité des cas puisque 85 % des victimes affirment avoir récupéré la totalité du montant dérobé grâce à leur banque. Ça pour une nouvelle, c'est une bonne nouvelle.
 
Pour aller plus loin : le rapport complet en PDF de l'ONDRP

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter