Gélatine, E441 : vous mangez peut-être du porc sans le savoir

Gélatine, E441 : vous mangez peut-être du porc sans le savoir

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ALIMENTATION - Bonbons, yaourts allégés, gâteaux à la crème... la gélatine se cache dans de nombreux ingrédients. Dans 80% des cas, elle est issue du porc.

Des millions de tonnes de couenne, peau et carcasses d'animaux sont transformées chaque année dans les usines agroalimentaires. Au total, pas moins de 147.500 tonnes de gélatine ont été produites en 2013. Faisant partie intégrante de nombreuses recettes, elle finit bien souvent dans nos assiettes. 

Son pouvoir gélifiant apporte de l'élasticité aux bonbons mous, de la consistance à la crème dans les gâteaux et de l'onctuosité aux desserts lactés. Elle est aussi utilisée pour donner du corps aux produits allégés contenant beaucoup d'eau. Mais à moins de se pencher sur les étiquettes, le consommateur se doute rarement de sa présence.

Couennes de porc

Dans la plupart des cas, cette gélatine est d'origine porcine : "80% de la production en Europe provient de couennes de porcs. 15% provient de peaux de bovins, et plus particulièrement de la fine couche située entre la peau et le tissu sous-cutané et contenant du collagène. Les 5% restants proviennent d’os de porcs et de bovins, de volailles et de poissons", détaille l'association Gelatine Manufacturers of Europe ( GME ), qui regroupe les principaux producteurs européens de gélatine. 

Mieux vaut donc ouvrir les yeux si vous suivez un régime végétarien, halal ou casher. Etiquetage, cadre légal, politique des marques... voici  quelques clefs pour vous y retrouver. 

 Mention obligatoire dans la liste des ingrédients
Techniquement, la gélatine est considérée comme un ingrédient dans le règlement européen concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires ( INCO ). Elle doit donc être mentionnée dans la liste des ingrédients. 

 Pas d'obligation de préciser sa nature (porc, boeuf, volaille, poisson)
"La mention 'gélatine' est obligatoire mais sa nature est précisée sur une base volontaire", précise à metronews la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Autrement dit, l'animal (porc, boeuf, volaille, poisson) dont elle est issue peut parfaitement ne pas être mentionné.

 Le code E441 ne suffit pas 
Le code E441 désigne également la gélatine (en tant qu'additif) mais cette mention ne suffit pas au regard de la règle européenne. En effet, "la gélatine n’est pas considérée comme un additif échappant à l’obligation d’étiquetage car utilisé en tant qu’auxiliaire technologique", poursuit la DGCCRF.

 Les marques se veulent transparentes
Les marques – dont certaines ont été montrées du doigt voilà quelques années pour l'utilisation de gélatine de porc sans la mentionner clairement –, se veulent désormais transparentes. Voici quelques exemples : 

Haribo tient à jour sur son site la liste ( cliquez ici pour y accéder ) de ses bonbons sans gélatine (c'est le cas de Dragibus par exemple) et précise que ses autres sucreries gélifiées sont généralement fabriqués avec de la gélatine d'origine porcine (c'est le cas des fraises Tagada).

Unilever (Knorr, Miko, Signal...) adopte une démarche similaire. Contacté par metronews, le groupe précise avoir "quelques produits alimentaires qui contiennent de la gélatine" et la déclarer "suivie de son origine animale dans la liste des ingrédients". Quant aux produits cosmétiques, seule la mention "gelatin" y figure, conformément à la loi. Ainsi, dans la liste des ingrédients du dentifrice Haleine pure de Signal, on retrouve cette mention sans plus de précision.

Danone utilise la gélatine dans quelques recettes. Le groupe précise à metronews qu'elle "figure alors en toutes lettres sur la liste d'ingrédients" et que "sa source est indiquée". Ainsi la Mousse liégeoise chocolat ou caramel contient de la "gélatine bovine" et le Gervita à la fraise contient de la "gélatine non porcine", est-il précisé. Quant aux yaourts allégés, ils contiennent désormais surtout des gélifiants à base d'algues (carraghénanes) ou des épaississants à base de pectine. C'est par exemple le cas des Taillefine aux fruits.

Un conseil donc, lisez les étiquettes pour choisir en connaissance de cause.

| UN SITE POUR DECRYPTER LES ETIQUETTES
E951 pour l'aspartame, E120 pour la cochenille ou E441 pour la gélatine... impossible de s'y retrouver face à des codes. Le site Web additifs recense des centaines d'additifs et précise pour chacun d'eux s'il est halal, végétarien, végétalien ou casher.

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