Hausse des prix des assurances auto et habitation en 2021 : "Rien ne le justifierait aujourd'hui"

Elle nous coûte en moyenne 445 euros par an. L'assurance automobile, confinement oblige, aura cette année 2020 moins servie. Pourtant, une étude prévoit une hausse des tarifs. Comment l'expliquer ?
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CONTRATS - Un cabinet spécialisé prévoit une augmentation des tarifs des assurances auto et habitation d'en moyenne 1,5% à 2% en 2021. Deux mutuelles ont d'ores et déjà annoncé un gel des tarifs pour l'auto. D'autres pourraient suivre y compris pour l'habitation, analyse un comparateur qui prédit de son côté une stabilité des prix. 

Vont-elles coûter plus cher l'an prochain ? Une hausse moyenne de 1,5% à 2% des tarifs des assurances automobile et habitation est attendue par le cabinet de conseil en stratégie auprès des professionnels du secteur Facts and Figures table, qui a publié une étude sur la question ce mercredi 16 septembre. Les cartes pourraient cependant être rebattues d'ici à ce que les compagnies publient leurs grilles 2021. Car les effets de la crise sanitaire sur leurs dépenses brouillent encore les pistes.

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En auto, deux assureurs ont déjà annoncé le gel des tarifs

D'une part, en auto : la hausse pressentie par le cabinet spécialisé s'expliquerait notamment par "une augmentation des coûts et des temps de réparation dans les garages automobiles", en raison des règles sanitaires. Mais dans le même temps, comme le souligne le cofondateur du comparateur en ligne Assurland.com Olivier Moustacakis, joint ce jeudi par LCI, la chute de 80% de la sinistralité automobile pendant le confinement "a généré environ 2 milliards d'euros d'économies pour le secteur". Et même si l'année n'est pas finie, "le nombre des accidents semble demeurer durablement à la baisse, avec par exemple -5,7% de blessés et - 11,3% de décès en juillet 2020 par rapport à juillet 2019", illustre-t-il.

Si bien que la Matmut avait annoncé dès le mois d'avril quelle gèlerait ses tarifs en 2021. Emboîtant le pas à son concurrent, la Maif -qui avait redistribué 30 euros par contrat à ses sociétaires en cours d'année-, vient d'annoncer à son tour ce jeudi un gel des tarifs de l'an prochain. "Cette décision aura un impact sur nos résultats à venir. Nous l’assumons", assure dans un communiqué son directeur général Pascal Demurger, tout en expliquant "plus que jamais, [défendre] le pouvoir d’achat de [ses] sociétaires"

En habitation, pas de communication dans l'immédiat

D'autre part, en habitation : c'est cette fois-ci "la dérive climatique" qui pourrait influencer les tarifs à la hausse, estime le cabinet spécialisé en s'appuyant sur les données de la Caisse centrale de réassurance, selon laquelle le coût moyen des catastrophes naturelles a quasiment doublé entre 2010 et 2019. Sauf que là non plus, selon le cofondateur d'Assurland, "une augmentation des tarifs ne se justifierait pas, à moins que des tempêtes surviennent à répétition d'ici à la fin de l'année".

D'autant que, "le confinement a fait baisser la sinistralité (notamment cambriolages, dégâts des eaux, incendies) générant environ 300 millions d'euros d'économies du fait que les assurés étaient à domicile. Et le recours au télétravail et au chômage partiel pourraient faire perdurer ce phénomène", prévoit-il. En tout cas, pour l'heure, les assureurs n'ont pas encore annoncé leurs intentions. La Maif et Generali, joints tous deux par LCI, nous ont informé ne pas communiquer dans l'immédiat sur leurs grilles tarifaires pour les assurances habitation.

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Automobile : pourquoi nos assurances augmentent-elles chaque année ?

Faut-il compenser les pertes d'exploitation ?

Au-delà ce cette distinction auto / habitation, c'est surtout le type de clientèle (professionnels et/ou particuliers) de la compagnie d'assurance qui pourrait faire la différence. "Celles qui comptent des commerçants et des entreprises parmi leurs assurés sont en effet largement confrontées à la question des pertes d'exploitation" causées par les mesures sanitaires, nous explique un groupe d'assurance. Elles pourraient donc être tentées de mutualiser les profits et les pertes enregistrés sur leurs différentes branches. Pour être acceptées, ces "décisions éventuelles de mutualisation" devraient alors être "clairement expliquées" par chaque opérateur, suggère toutefois Facts and Figures.

Mais "est-ce aux assurés particuliers de compenser pour les entreprises ?", fait mine de s'interroger Olivier Moustacakis. Si les tendances jusqu'ici observées se confirment, c'est "une stabilisation des prix" qui se profile à ses yeux : "Même si certains ont des velléités à augmenter leurs tarifs, ils vont probablement réfléchir à deux fois avant de prendre la décision. La possibilité de résilier à tout moment au bout d'un an depuis la loi Hamon peut en effet faire craindre des mouvements de portefeuille. L'arbitre suprême reste la concurrence".

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